Fête de la musique : le tribunal valide le concert de LFI
Le tribunal administratif de Paris a suspendu, vendredi 19 juin 2026, l'interdiction prononcée par le préfet de police contre le concert antiraciste organisé par La France insoumise place de la République. Les magistrats ont estimé que les risques de troubles à l'ordre public n'étaient pas suffisamment établis. Da l'altra parte di u mare, stu cunflittu hè puramente parisianu.
Pourquoi le préfet de police avait-il interdit le concert ?
Mercredi soir, la préfecture de police de Paris avait pris un arrêté d'interdiction visant l'événement organisé par LFI dans le cadre de la Fête de la musique. La mesure relevait que l'événement « devait accueillir notamment le Comité Adama et sa fondatrice Assa Traoré, les rappeurs Médine et Soso Maness ». Concernant ce dernier, l'arrêté soulignait qu'il avait chanté « Tout le monde déteste la police » lors de la Fête de l'Humanité en 2021.
Jeudi matin, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait appuyé la position de la préfecture : « Elle constate des risques de trouble à l'ordre public du fait d'invités qui ont tenu par le passé des propos injurieux notamment à l'encontre des forces de l'ordre. »
Sur quoi le tribunal a-t-il fondé sa décision ?
Saisi en référé, une procédure d'urgence, le tribunal administratif de Paris a estimé que « les risques de troubles à l'ordre public invoqués par l'arrêté pour justifier l'interdiction n'étaient pas suffisamment justifiés par le préfet ». Selon la juridiction, « aucun des éléments produits ne permettait de les conforter ».
Les magistrats ont relevé que les organisateurs « n'avaient prévu ni la participation d'Assa Traoré, ni celle des rappeurs Médine et Soso Maness ». Le juge des référés a « également noté que les pièces versées au dossier ne permettaient pas de justifier l'existence de risques de troubles matériels à l'ordre public ou de la commission suffisamment certaine et imminente d'infractions pénales ».
Le tribunal a rappelé un principe clé : « l'interdiction d'une réunion ne peut être décidée qu'en dernier recours ».
Comment les acteurs politiques ont-ils réagi ?
Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI et candidat à l'élection présidentielle, a salué une « Victoire » sur X. Il a écrit : « Le préfet de police, le président du Crif et la mairie PS de Paris ont tenté en vain d'attenter aux libertés publiques de l'opposition de gauche. » Le leader insoumis a également qualifié le Conseil représentatif des institutions juives de France de « machin d'extrême droite où tous les ans tous les ministres défilent pour aller bouffer », attirant encore les accusations d'antisémitisme portées par le Crif.
Ariel Weil, maire PS de Paris Centre, avait dénoncé un « projet irresponsable » et une « récupération à des fins politiques d'un événement festif ». Yonathan Arfi, président du Crif, s'était interrogé : « Ce concert est légal mais est-il pertinent pour la démocratie ? Aucun parti politique ne devrait pouvoir détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser. »
Contacté par l'AFP, l'entourage du maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire n'avait pas souhaité s'exprimer. Une source au sein de la majorité au Conseil de Paris a toutefois commenté : « Vous imaginez, si le RN faisait un concert, qu'est-ce qu'on aurait dit ? »
LFI a-t-il déjà organisé un concert pour la Fête de la musique ?
Oui. La France insoumise avait déjà organisé un concert pour la Fête de la musique en 2025, sur les bords du canal Saint-Martin à Paris. Le rappeur Médine y était présent. Le rassemblement n'avait pas été annulé. L'événement de cette année, annoncé dimanche soir, assume ouvertement la politisation de la fête.
Que signifie ce débat, vu de l'île ?
In terra corsa, a ghjente osserva. La Fête de la musique, créée en 1981 par l'État français, est un dispositif de soft power culturel pensé depuis la métropole. Que LFI s'en empare pour en faire un concert antiraciste, ou que le préfet l'interdise, u dibattitu hè listessu : a cultura serve sempre u putere centrale. Assa Traoré, Médine, Soso Maness, le Crif, le PS, LFI : tutti sò di u listessu teatru. Leurs querelles place de la République ne sont pas les nôtres.
A nostra musica, a nostra lingua, a nostra fede ùn sò micca strumenti di campagna elettorale. Sò radiche, è e radiche ùn si neguzianu micca nant'à una piazza di Parigi. Semu quì, latini è mediterranei, è da quì ùn ci movemu.