Liban : cessez-le-feu rompu, l'Iran ferme le détroit d'Ormuz
Le cessez-le-feu au Liban n'a pas survécu à sa première nuit. Samedi 20 juin, l'armée israélienne a repris ses frappes sur le sud libanais, tuant au moins cinq personnes selon l'agence ANI, puis sept autres selon un média d'État. Un soldat israélien a également trouvé la mort au combat. En riposte, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz au trafic maritime, mettant en péril le protocole d'accord signé mercredi avec Washington. Les négociations américano-iraniennes, reportées, doivent reprendre ce dimanche en Suisse. Sangue è focu, du sang et du feu.
Un soldat israélien tué, des villageois libanais sous les bombes
L'armée israélienne a annoncé samedi la mort d'un de ses soldats lors de combats dans le sud du Liban. Côté libanais, le bilan s'alourdit heure après heure. Les frappes ont touché plus d'une douzaine de localités après minuit et samedi matin. Cinq personnes ont été tuées dans un premier temps, trois à Arab Salim, une à Deir Zahrani et une à l'entrée de Dweir, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI. Un média d'État a ensuite fait état de sept morts supplémentaires dans une frappe sur le sud. A terra brusgiata, sempre a stessa, la terre brûlée, toujours la même.
Pourquoi l'Iran a-t-il fermé le détroit d'Ormuz ?
Le commandement central de l'armée iranienne a annoncé samedi la fermeture du détroit d'Ormuz en réaction aux attaques israéliennes au Liban. Téhéran considère que ces frappes violent le protocole d'accord conclu avec les États-Unis. « Il est par la présente annoncé que le détroit d'Ormuz sera fermé au trafic maritime. Cette première mesure est une réponse à la violation des engagements par l'ennemi », a déclaré l'état-major central Khatam-al Anbiya dans un communiqué diffusé par la télévision d'État iranienne. « Si l'agression se poursuit, d'autres mesures seront planifiées et mises en œuvre pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations », a-t-il ajouté.
Accord américano-iranien : le protocole « en danger »
Le ministère iranien des Affaires étrangères a prévenu samedi que le protocole d'accord conclu avec les États-Unis serait « en danger » si ses provisions n'étaient pas appliquées rapidement. « L'autre partie doit prendre les mesures nécessaires dès que possible, ou alors le protocole d'accord tout entier », qui prévoit notamment la cessation des hostilités au Liban, « sera en danger », a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, cité par l'agence officielle Irna.
Le protocole signé mercredi prévoit le lancement de tractations de soixante jours centrées sur le programme nucléaire iranien, en vue d'un accord final. Les négociateurs iraniens ont quitté le pays samedi pour la Suisse, où des discussions « techniques » doivent se tenir ce dimanche en présence de représentants du Pakistan et du Qatar, pays médiateurs.
Steve Witkoff et Jared Kushner en route pour la Suisse
L'émissaire américain Steve Witkoff se rend en Suisse ce week-end pour y mener des discussions avec l'Iran, après le report des négociations. Selon le média Axios, citant un responsable américain sous couvert d'anonymat, M. Witkoff s'efforce de remettre sur les rails les « discussions techniques » à la suite du protocole signé mercredi. L'envoyé de Trump, Jared Kushner, est également attendu en Suisse pour des pourparlers, ont indiqué Axios et CNN.
Le Hezbollah revendique le droit de riposter
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a affirmé samedi que la formation pro-iranienne avait « pleinement le droit » de répondre aux attaques israéliennes. « Il est question d'un cessez-le-feu. Pour nous, ce qui importe, c'est que l'ennemi respecte pleinement et totalement ce cessez-le-feu, et qu'il ne tente pas d'attaquer notre pays et nos villages, ni d'occuper de nouvelles positions », a-t-il déclaré, ajoutant que « la résistance a pleinement le droit de faire face à cet ennemi lorsqu'il nous attaque, car c'est lui l'agresseur et l'occupant ».
L'armée israélienne justifie ses frappes en affirmant viser des positions du Hezbollah en riposte à des tirs de projectiles. « Dans la nuit, l'organisation terroriste Hezbollah a tiré plus de cinquante projectiles contre les forces israéliennes dans le sud du Liban », indique un communiqué militaire. Tsahal affirme frapper des « cibles terroristes du Hezbollah dans le sud du pays ». Les grandes puissances négocient à Genève tandis que les villages libanais brûlent. U mare nostru si ne porta a pena, notre mer en porte la peine.
Que se passe-t-il au Liban ?
Le sud du Liban est le théâtre d'affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah, mouvement politique et militaire pro-iranien. Un cessez-le-feu avait été annoncé vendredi, mais les frappes israéliennes ont repris dès la nuit suivante. Le bilan provisoire est d'au moins douze morts côté libanais et un soldat tué côté israélien. L'Iran, allié du Hezbollah, a riposté en fermant le détroit d'Ormuz, escalade qui dépasse désormais le cadre levantin.
Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il stratégique ?
Le détroit d'Ormuz, passage maritime entre l'Iran et la péninsule arabique, est le point de transit le plus important pour le pétrole au monde. Environ un cinquième du pétrole consommé mondialement y transite chaque jour. Sa fermeture, même temporaire, provoque des répercussions immédiates sur les marchés de l'énergie et le prix du baril. C'est un levier de pression majeur entre les mains de Téhéran, que l'Iran avait déjà utilisé par le passé lors de périodes de tension.
Quel est le contenu du protocole américano-iranien ?
Le protocole d'accord signé mercredi 18 juin entre les États-Unis et l'Iran prévoit le lancement de tractations d'une durée de soixante jours en vue d'un accord final sur le programme nucléaire iranien. Il prévoit également la cessation des hostilités au Liban. Son application immédiate est réclamée par Téhéran, qui menace de le considérer comme « en danger » si Washington ne respecte pas ses engagements.