Arnaud Denis, l’ultime scène d’un insulaire de cœur
Arnaud Denis s’en est allé à 43 ans, après avoir choisi l’euthanasie en Belgique. L’annonce, faite ce mardi 22 septembre par son avocat à l’Agence France-Presse, a bouleversé le monde du théâtre. Le comédien et metteur en scène, trois fois nommé aux Molières, souffrait depuis plusieurs mois de douleurs qu’il attribuait à un implant anti-hernie. Une perte qui résonne bien au-delà de l’Hexagone, jusque dans nos îles où l’on sait ce que signifie partir loin de sa terre.
À ses côtés jusqu’au bout, Delphine Depardieu, amie fidèle et partenaire artistique de longue date, a livré au Parisien un témoignage profondément émouvant sur les dernières minutes de son ami. « Il est parti soulagé, avec presque un sourire sur le visage. Mais c’est un choc terrible… », a-t-elle confié, encore bouleversée par ce départ qu’elle savait pourtant préparé. Une image qui reste, celle d’un homme apaisé, comme on aimerait tous partir.
Des derniers mois marqués par la douleur et l’élan artistique
Pour Delphine Depardieu, la douleur est d’autant plus forte qu’Arnaud Denis traversait une période de pleine ascension artistique. « Arnaud montait, montait, il était en train d’exploser dans son art et il a été fauché dans sa lancée, c’est tellement injuste », regrette-t-elle. Le metteur en scène nourrissait encore de nombreuses ambitions. « Il avait encore énormément de projets dans la tête, il n’en avait pas fini avec le théâtre », poursuit-elle auprès du quotidien.
Malgré la maladie et des souffrances décrites comme « interminables » et « dégradantes », Arnaud Denis gardait un regard reconnaissant sur son parcours. Delphine Depardieu rapporte ainsi l’une de ses dernières réflexions : « Il a dit qu’il avait eu 40 ans de vie merveilleuse, dont 22 ans de carrière extraordinaire ». Une manière de mesurer tout ce qu’il avait pu accomplir avant que son état de santé ne bouleverse radicalement son quotidien et ne l’amène à envisager l’euthanasie.
Un homme de théâtre, une âme insulaire
Ces derniers mois, il avait d’ailleurs choisi de médiatiser son combat afin de raconter les conséquences de cet implant, mais aussi les démarches entreprises pour tenter d’échapper à des douleurs devenues, selon lui, impossibles à supporter. La nièce de Gérard Depardieu se souvient aussi de l’homme de théâtre et du metteur en scène attentif qu’il était. « C’était un directeur d’acteur hors pair », affirme-t-elle. Elle explique continuer à s’inspirer de lui lorsqu’elle travaille : « Souvent quand je travaille, je le prends en exemple, il savait d’un mot vous donner l’indication précise pour nourrir le personnage. »
À ses yeux, sa force résidait autant dans sa précision que dans sa manière d’accompagner les comédiens. Delphine Depardieu insiste enfin sur les qualités humaines d’Arnaud Denis. « Et puis il était d’une douceur et d’une bienveillance envers l’autre, d’une pudeur, il savait que plus vous faisiez attention à l’autre plus il vous donnait », confie-t-elle. Au-delà de ses rôles dans Plus belle la vie, Joséphine, ange gardien ou Les Bracelets rouges, c’est donc aussi cette personnalité qu’elle veut retenir. Présente jusqu’à son dernier souffle, elle décrit un homme apaisé au moment de partir, mais laisse apparaître une immense tristesse face à une carrière et une vie interrompues brutalement.
In terra corsa, si sà chì a morte ùn hè mai luntana, ma quand’ella vene à falà nantu à unu chì hà datu tuttu à l’arte, u core si stringhje. Arnaud Denis, ellu, hà lasciatu una traccia luminosa, cum’è un faru in a notte. Ch’ellu riposi in pace, luntanu da u rumore di u mondu, ma vicinu à quelli chì l’anu amatu.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le combat d’Arnaud Denis et les débats autour de l’euthanasie, l’article du Closermag.fr reste une source précieuse.