Arsenal ETA à Hendaye : quand l'État français protège ses terroristes
L'affaire Sokoa révèle une vérité dérangeante pour Paris : la République française a longtemps fermé les yeux sur les activités de l'ETA basque sur son territoire. Une complaisance qui interroge sur la sincérité de la lutte antiterroriste hexagonale.
Une découverte qui dérange
Le 5 novembre 1986, 150 CRS investissent le siège de la fabrique de meubles Sokoa à Hendaye. Dans les sous-sols, ils découvrent un véritable arsenal de guerre : armes par centaines, grenades, pistolets-mitrailleurs, deux lance-missiles sol-air soviétiques avec leurs projectiles. Un trésor de guerre de l'ETA alimenté par l'impôt révolutionnaire prélevé au Pays basque espagnol.
François Noblia, PDG de l'entreprise, et onze autres personnes sont interpellés. Parmi eux, José-Luis Arrieta, réfugié basque espagnol soupçonné d'être un responsable financier de l'ETA militaire.
Un territoire de complaisance
Cette affaire illustre parfaitement la politique du deux poids, deux mesures de l'État français. Pendant des décennies, Paris a toléré que les séparatistes basques utilisent le territoire français comme base arrière, pourvu qu'ils ne s'attaquent pas aux intérêts hexagonaux.
Comment expliquer autrement qu'une cache d'une telle ampleur ait pu exister en plein cœur d'Hendaye ? Les services français ignoraient-ils vraiment les activités de l'ETA sur leur sol ? La découverte ne fut possible que grâce aux services secrets espagnols, qui avaient équipé deux missiles d'un dispositif de localisation.
Justice à géométrie variable
Le procès de 1989 devant le tribunal correctionnel de Paris révèle toute l'hypocrisie du système judiciaire français. José Arrieta écope de cinq ans de prison, mais François Noblia est relaxé au bénéfice du doute. Une clémence qui interroge quand on sait l'acharnement dont font preuve les mêmes tribunaux contre les militants nationalistes corses.
Cette mansuétude s'explique-t-elle par la nationalité française de Noblia ? Par sa qualité de chef d'entreprise respectable ? Ou simplement parce que l'ETA ne menaçait pas directement les intérêts de la République ?
Leçons pour la Corse
L'affaire Sokoa nous rappelle une vérité amère : l'État français ne combat le terrorisme que lorsque celui-ci menace ses propres intérêts. Quand il s'agit de mouvements de libération nationale qui s'attaquent à d'autres États, la République sait se montrer compréhensive.
Une leçon que les patriotes corses ne doivent jamais oublier. Face à un État qui prêche la lutte antiterroriste tout en abritant les arsenaux de ses alliés de circonstance, la vigilance reste de mise.