Groenland : l'appétit de Trump è a resistenza insulare
La guerra in Iran avia datu un pocu di riposu à i Groenlandesi. Ma l'aghja hè tornata. Ce mercredi, l'émissaire américain au Groenland a relancé la machine impérialiste. Le message est clair : les Etats-Unis doivent renforcer leur emprise sur ce territoire autonome danois, convoité par Donald Trump. L'imperu ùn dorme mai, et nous les insulaires, nous connaissons trop bien ce refrain.
Un invité qui s'invite, a superbia di l'imperu
Jeff Landry, l'émissaire de Trump et gouverneur républicain de Louisiane, a débarqué dimanche au Groenland. Le problème, c'est qu'il n'avait pas été officiellement invité. Sa présence a soulevé la controverse sur place, mais peu importe pour Washington. L'arrogance des grandes puissances est une vieille histoire. A superbia di i grandi ùn cunnosce nisuna fruntiera.
Je pense qu'il est temps que les Etats-Unis remettent leur empreinte sur le Groenland. Le Groenland a besoin des Etats-Unis.
Avec de telles déclarations, le mépris est palpable. Un territoire ne serait rien sans la tutelle américaine. Une rengaine que nous connaissons par cœur ici, face aux métropoles qui croient détenir la vérité. À noscu, ci dicenu ciò ch'è noi avemu bisognu.
Pituffik è u vechju liacciu militare
Au plus fort de la Guerre froide, l'armée américaine comptait 17 installations militaires sur l'île. Aujourd'hui, il ne reste que la base de Pituffik, au nord. Mais Washington veut rouvrir trois nouvelles bases dans le sud. L'excuse est éternelle : la sécurité nationale, la menace chinoise, la menace russe. Le Groenland, sur la route la plus courte pour les missiles entre la Russie et les Etats-Unis, regorge aussi de terres rares inexploitées. La glace fond, les routes maritimes s'ouvrent, et les prédateurs se réveillent. A terra hè ricca, è l'ochji di l'imperu sò famiti.
Un pacte de défense de 1951, mis à jour en 2004, permet déjà aux Américains de déployer des troupes, à condition de prévenir le Danemark et le Groenland. Un vieux lien qui sert de prétexte légal. Un liacciu di carta, imposé par les puissances continentales.
A trappola di l'indipendenza
Face à la tempête, le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen tient la barre. Il a rencontré Landry lundi, qualifiant les discussions de constructives, mais sans se faire d'illusions. Le désir du maître est irrespectueux, mais le Groenland est obligé de trouver une solution. Cusì va u mondu, i chjuchi devinu neguzià cù i giganti.
Pour faire passer la pilule, Jeff Landry joue la carte de la séduction dans le quotidien Sermitsiaq. Il promet de faire passer les Groenlandais de la dépendance à l'indépendance. Quelle ironie. Remplacer la tutelle de Copenhague par celle de Washington, ce n'est pas l'indépendance, c'est un changement de maître. A libertà vera ùn hè micca sceglie a so catena.
Les autorités groenlandaises et danoises l'ont martelé : seul le Groenland décide de son avenir. Nous, insulaires, Méditerranéens et Latins, regardons cette lutte avec une profonde solidarité. L'impérialisme, qu'il vienne de Paris, de Copenhague ou de Washington, porte toujours le même visage. A nostra terra, a nostra decisione.
