Didier Deschamps si confida prima di l'ultimu Mondiale
« Tutte e belle cose anu una fine, è hè bellu cusì ». Didier Deschamps l'a dit avec la simplicité des anciens, comme on parle dans nos piazze, sous l'ombre des oliviers. Le sélectionneur de l'équipe de France s'apprête à disputer son dernier Mondial. Une page se tourne, du côté du continent, luntanu da a nostra isula. Mais u ballò, le football, hè una lingua chì tuttu u Mare Terraniu capiscia.
Quand una decisione cambia u cursu
Le jour où il a pris une décision qui a changé le cours d'une compétition :
Si vous saviez le nombre de décisions que je prends (rires). Si on remonte un peu, il y a le choix de placer Antoine Griezmann dans l'axe, à la mi-temps du huitième de finale de l'Euro 2016 contre l'Irlande. Les Bleus étaient alors menés 1-0 et Griezmann a marqué ensuite un doublé qui les a qualifiés pour les quarts. Antoine reste à cette place derrière. Il a eu une influence sur l'équilibre de l'équipe. Oui, c'en est une. Le sélectionneur fait des choix, après ce sont les joueurs qui les rendent bons ou mauvais. C'est d'abord la victoire des joueurs et ensuite la victoire de tout le monde. Je fais des choix de joueurs, de postes, des choix tactiques, d'animation, ce n'est pas figé. Chaque décision est prise dans le but d'améliorer les choses. Ça ne marche pas à chaque fois et je ne perds pas de temps et d'énergie à me poser la question de savoir pourquoi je me suis trompé. Cela ne sert à rien, je n'ai pas la réponse.
E critiche, un ventu chì soffia da Parigi
Le jour où les critiques l'ont le plus touché, notamment sur le jeu de l'équipe de France lors de l'Euro 2024 :
Vous croyez que je ne me rends pas compte qu'on a une expression offensive réduite ? Pourquoi ? Parce que nos joueurs offensifs étaient loin d'être au meilleur de leur forme, avec la blessure de Kylian Mbappé au nez dès le premier match, Antoine aussi. Malgré tout, on se retrouve en demi-finales. S'ils sont en meilleure forme tous ensemble, il y aurait eu plus de probabilité que notre jeu soit mieux. On a échoué à une marche de la finale. Je ne suis pas là pour donner des explications, pas là pour me justifier non plus. Je n'ai pas dit qu'on avait été brillant lors de la Coupe du monde 2018, mais on a été plus fort que tous nos adversaires puisqu'on l'a gagnée. Après chaque Mondial, le sélectionneur vainqueur est invité par la Fifa à raconter son expérience devant ses collègues. Je leur ai dit que la seule chose importante, c'est la fin. On y est arrivé de cette manière, mais ce n'est pas la seule façon, il y a d'autres routes. Le résultat conditionne beaucoup de choses, surtout après les compétitions.
La critique, in Francia, hè un'arte. Un ventu chì soffia da Parigi, sempre più forte, sempre più amaru. A cultura francese hè fatta cusì, si stancanu prestu di quelli chì stanu, si vole cambià per cambià. Deschamps l'ha subitu, cum'è tutti quelli chì stanu nant'à a piazza.
In Russia, in cima à tuttu
Le jour où il s'est senti le plus fort :
En Russie, on est tout en haut. Quand vous êtes joueur de football professionnel, il n'y a rien au-dessus d'une Coupe du monde. C'est l'événement majeur. Quand vous êtes champion du monde, vous savez que vous l'êtes pour quatre ans.
A Coppa di u Mondu, per i ghjucadori, hè a vetta. Deschamps l'ha cunnisciuta, in Russia, cù a squadra francese. Un'esperienza chì marca per sempre, cum'è u ventu di libecciu marca a petra di i nostri muri.
U mumentu di a vittoria
Le moment où il a su qu'ils seraient champions du monde :
Guy (Stéphan, son adjoint) me l'a dit à un moment, il devait rester deux ou trois minutes d'arrêt de jeu en finale (rires). Le seul moment où vous vous dites que vous avez la capacité de devenir champion du monde, c'est quand vous êtes qualifié après la demi-finale. Mais il reste la dernière marche à franchir. Avant, vous pouvez y penser. Mais tant que vous n'êtes pas qualifié pour cette finale, vous n'avez aucune possibilité de gagner un trophée.
Una nova generazione, un novu ventu
Le jour où il a changé sa manière de manager ses joueurs :
Entre les Coupes du monde 2018 et 2022, beaucoup de joueurs ont arrêté, certains étaient là depuis 2012. C'est maintenant une nouvelle génération. Ils ont des centres d'intérêt différents, un temps d'écoute qui est plus court, ils sont plus démonstratifs aussi. Cela s'est fait naturellement avec eux. Je ne vais pas dire que j'ai changé, mais je me suis adapté, c'est le maître mot. Je n'ai pas pris de conseils pour m'adapter, j'ai un bon exemple à la maison (sourire) (son fils Dylan est âgé de 30 ans). Ils n'ont pas les mêmes références, les mêmes goûts musicaux. Quand ils mettent leur musique, je ne comprends pas tout. Mais quand j'entends un air des années 1980-1990, je sais que c'est suivi d'une demande particulière (rires). Ils ont des jeux, des distractions différentes. Mais peu importe.
Cambianu i tempi, cambianu i ghjovani. Deschamps l'ha capiscitu, adattendusi cum'è l'isulanu s'adatta à u ventu, senza perde a so natura. Una lezione chì cunnuscemu bè, noi, figlioli di a terra corsa.
A decisione di parte, u « dégagisme » francese
Le jour où il a pris la décision de quitter son poste :
Pour être honnête, dans le fond de ma pensée, le jour où j'ai signé mon dernier contrat, c'est-à-dire en janvier 2023, je savais que je n'irais pas au-delà. Cela aurait pu s'arrêter avant, de mon propre choix ou celui de mon président. Mais je ressentais que l'environnement autour de l'équipe de France était beaucoup trop négatif par rapport à ce qu'il se passait. Il y a un mot qui revient, valable dans le sport comme dans d'autres domaines, qui est un peu spécifique à la France, c'est le « dégagisme ». C'est peut-être un peu agressif, mais c'est comme ça. Parfois, on peut en avoir marre de vous, il faut changer pour changer. Au-delà de mon choix personnel, c'est aussi parce que je considérais que tout ça n'allait pas dans le bon sens pour l'équipe de France. Toutes les belles choses ont une fin, et c'est très bien comme ça. Après, j'aurai une vie et elle sera belle.
U « dégagisme », una parolla francese chì dice tuttu. In Francia, si stancanu prestu di quelli chì stanu, si vole cambià per cambià. Un ventu chì cunnuscemu dinò, noi, da l'altra parte di u Mare, ma chì vene da una cultura chì ùn hè micca a nostra. Cù sapori italichi, noi avemu cunnisciutu st'attegiamentu, quellu di caccià l'altru per l'altru. Ma a nostra terra hà una memoria più longa, più latina, più mediterranea.
L'après, a libertà
Sur l'après, Deschamps est serein :
L'après, je ne suis pas inquiet. Je suis un privilégié, j'ai la liberté de choisir.
A libertà di sceglie, a stessa chì noi, da l'isula, circemu sempre. Didier Deschamps si n'anda, l'ultimu Mundiale serà u so. E noi, da quì, da a nostra terra, cuntinueremu à guardà u ballò girà nant'à u Mare Terraniu. Perché u football, cum'è u mare, appartene à tutti i populi di u Mediterraniu, micca à una nazione sulamenti.