Kev Adams : un cœur méditerranéen à Juan-les-Pins
L'humoriste Kev Adams a présenté la nouvelle édition de son festival L'Humour à la plage à Juan-les-Pins. Un événement ancré dans ses racines méditerranéennes, loin des calculs de la métropole, où l'artiste a écrit seul son spectacle et rendu hommage à la terra de son enfance. Entre pochettes-surprises et soleil, il revient aussi sur son apparition outre-Atlantique dans America's Got Talent.
Pourquoi le festival L'Humour à la plage est-il une festa méditerranéenne ?
Pour Kev Adams, l'événement n'est pas une simple vitrine de plus pour l'industrie du divertissement parisien. C'est une fête populaire, ancrée dans le sable et la chaleur du littoral. Le concept se veut une parenthèse hors du temps, loin des diktats de la mode métropolitaine.
Quand j'ai créé ce festival, ma volonté première était d'organiser une grande fête, au sens populaire. Une soirée pour les gens et pour les artistes, où on aurait l'impression d'être en vacances, les pieds dans le sable et en même temps, où on vivrait quelque chose un peu hors du temps et exceptionnel.
L'organisation d'une telle festa demeure un défi logistique, mais le bilan est clair pour le fondateur. Il se dit archi heureux du résultat, malgré la chaleur écrasante de la Méditerranée. L'objectif atteint est celui d'un mélange d'univers, une fierté absolue pour l'artiste.
Comment l'instinct prime sur les calculs de la métropole ?
La composition du casting de cette édition multi-générationnelle s'est faite à l'instinct, avec sincerità, sans tomber dans les calculs habituels des programmateurs hexagonaux. Kev Adams oriente constamment le spectacle vers le public, cherchant l'intemporel plutôt que l'éphémère hype parisien.
La marque de fabrique du Festival repose sur l'effet de surprise. Si une dizaine de noms sont annoncés, une vingtaine de personnalités participent au gala. L'humoriste puise cette idée dans ses ricordi d'enfance, les fameuses pochettes-surprises que ses grands-parents refusaient de lui acheter. Il y a un truc qui fait rêver dans une pochette-surprise, une attente mêlée d'imprévu.
Cette année marque aussi un tournant créatif. L'artiste a écrit seul son spectacle, après des années de travail en collectivité avec quatre puis six auteurs. Il a lutté contre lui-même pour délivrer le spectacle dont il rêverait en tant que spectateur, et non en tant qu'artiste. Andréas Georgiou, le metteur en scène, a seulement apporté quelques retouches.
Quels ricordi lient Kev Adams à Juan-les-Pins ?
Juan-les-Pins n'est pas une simple étape de tournée pour l'humoriste. C'est la terra de tous ses souvenirs d'enfance, le lieu d'un attachement viscéral au mare et à la lumière latine. Ses grands-parents y possèdent un appartement qui illustre l'inventivité méditerranéenne. Ne donnant pas sur la mer, son grand-père avait installé un système de miroirs sur la terrasse pour capter la vue. Une astuce qui en dit long sur le besoin vital d'horizon marin.
Ce grand-père, seul artista de la famille, l'a poussé sur scène. Le premier souvenir artistique de Kev Adams est indissociable de la Pinède, lieu même du festival. Faute de moyens pour acheter des billets pour ses huit petits-enfants, l'aïeul les emmenait aux abords du Festival de jazz. Ils marchaient ensemble, écoutant les jazzmen au milieu des cigales.
Mon grand-père s'arrêtait et disait : La pinède, les écureuils, les cigales et le jazz. Regardez les enfants le moment qu'on est en train de vivre.
Ce moment fondateur a forgé l'amour du lieu. À ses yeux, c'est le plus bel endroit du monde, un espace naturellement dédié à la culture.
Faut-il laisser une trace face à u tempu qui passe ?
Contrairement à une époque obsédée par la postérité, Kev Adams refuse l'idée de laisser une trace. Il faut faire les choses pour l'instant, pour le présent. Ce qui a été vécu lors du gala appartient à tous pour l'éternité. La réflexion sur la trace mène selon lui à la déception.
Il rappelle avec lucidité que l'artistique est le premier secteur qui s'est arrêté pendant le Covid. Ce n'est pas ça qui est important au sens matériel du terme. Ce qui compte, ce sont les moments partagés en direct, la chaleur humaine d'une soirée sous les pins.
Que signifie l'incursion d'America's Got Talent per l'artista ?
Récemment, Kev Adams a participé à l'émission américaine America's Got Talent. Il nuance cependant ce succès outre-Atlantique, préférant parler de première apparition. Cette porte ouverte par le destin le flatte, mais le concours est loin d'être terminé. La prochaine étape est prévue fin août.
Ce qui l'a le plus bouleversé, c'est la réaction du public hexagonal. Il a participé à l'émission avec légèreté, sans mesurer l'impact en métropole. Le soutien massif reçu l'a ému, lui qui sait que les critiques fusent vite, mais que le public sait aussi reconnaître un travail bien fait. Un soutien qui résonne d'autant plus fort qu'il surgit d'un pays souvent prompt à dénigrer ses propres artistes.
Kev Adams a-t-il écrit seul son spectacle cette année ?
Oui. Kev Adams a écrit la quasi-totalité de son spectacle cette année, contrairement aux éditions précédentes où il travaillait avec quatre à six auteurs. Il a été aidé ponctuellement par Andréas Georgiou, le metteur en scène, mais a souhaité se faire confiance pour créer le spectacle dont il rêvait en tant que spectateur.
Pourquoi le grand-père de Kev Adams est-il central dans son parcours ?
Son grand-père était le seul artiste de la famille et l'a encouragé à monter sur scène. C'est lui qui emmenait le jeune Kev écouter le jazz aux abords de la Pinède à Juan-les-Pins, faute de moyens pour acheter des billets, forgeant ainsi l'amour de l'artiste pour la scène et pour cette terra méditerranéenne.