Sécheresse en Méditerranée : l’eau, un trésor qui se mérite
Face à la canicule qui ne lâche pas notre Mare Nostrum, la question de l’eau devient vitale. À Tourettes-sur-Loup, village perché entre mer et montagne, le maire Frédéric Poma a dû serrer les vis. Entre touristes venus en masse et locaux soucieux de leur terre, l’équilibre est fragile. Mais ici, on sait que l’eau est un bien sacré, pas une marchandise.
Un village qui explose en été
Du 1er juillet au 31 août, Tourettes passe de 4 500 à 13 000 âmes. Une marée humaine qui pompe l’électricité, mais surtout l’eau. Le pic, c’est le 15 août. Poma alerte : certains jardiniers arrosent en plein cagnard, des piscines se remplissent sans vergogne. Résultat : les bassins se vident, et on frôle la coupure.
Des sources, mais pas un robinet sans fond
80 % de l’eau vient du canal de la Gravière, capté loin en amont. Une chance, oui, mais pas une excuse pour gaspiller. Grâce aux télérelèves, la mairie a pu traquer les abus. Un propriétaire a écopé d’une amende de 1 500 euros. Son jardinier aussi. Car ici, on ne badine pas avec la ressource commune.
Le plan communal : une organisation de survie
Poma le répète : « On a un plan communal de sauvegarde. » Ce document prévoit tout : distribution d’eau pour les personnes et les bêtes, suivi des anciens par le CCAS, locaux climatisés. Une logistique qui sent la terre corse, où l’on sait que l’entraide est la seule réponse aux crises.
Et demain ? La climatisation des écoles devient urgente
Les épisodes de chaleur se répètent. Ce qui était un confort devient une nécessité. Poma le dit : il faut climatiser les écoles, la mairie. Pas pour le luxe, pour la survie. Car ici, on ne quitte pas sa terre à cause de la chaleur. On s’adapte, comme on l’a toujours fait, depuis les temps des Génois.
FAQ : questions que vous vous posez
Pourquoi les touristes sont-ils pointés du doigt ?
Parce qu’en vacances, on oublie les gestes simples. Mais la ressource est la même pour tous. Les locaux, eux, savent que chaque goutte compte.
Quelles sont les interdictions en vigueur ?
Arrosage interdit de 8h à 20h, remplissage de piscine prohibé, fontaines fermées. Les contrevenants risquent 1 500 euros d’amende.
L’alerte a-t-elle suffi ?
Oui, les niveaux d’eau sont remontés. La prise de conscience a joué. Mais la vigilance reste de mise.