Léa Quinio, l'ancienne capitaine normande face au défi du marathon
Elle est comme ça, Léa Quinio. Elle n'aime pas faire les choses à moitié. Le semi-marathon, ça ne va qu'un temps. Dimanche 29 mars 2026, cette femme de caractère s'attaquera à son premier marathon, le vrai, celui qui réclame d'engloutir 42,195 kilomètres d'une traite.
Ancienne capitaine du Stade Malherbe Caen, Léa Quinio s'est lancé un défi qu'elle a longtemps pensé inenvisageable. "Aujourd'hui, on a tendance à banaliser un marathon", dit-elle avec cette lucidité qui la caractérise. "Mais pour moi, ça reste un exploit. Ce sera une fierté si j'arrive au bout."
Un parcours en bord de mer normand
Léa Quinio participera au premier marathon des Foulées de Bayeux. Il partira de Grandcamp-Maisy et rejoindra la capitale du Bessin, en arpentant un tronçon de la Vélomaritime en bord de mer. L'idée a germé dès l'arrêt du foot, après deux saisons à Malherbe. Quatre ans plus tard, elle s'apprête à la concrétiser.
"C'est un beau challenge, l'année de mes 30 ans", sourit l'ancienne milieu de terrain. "Je ne pouvais plus faire de sport collectif cette année en raison de mon travail. La course à pied me permettait de cumuler plus facilement mes activités."
Du terrain aux ondes
Journaliste, Léa Quinio collabore à l'émission "On refait le sport" sur RTL, tous les dimanches soir. Le sport rythme son quotidien depuis les premiers ballons tapés à l'âge de neuf ans. Elle s'est fait connaître sur les terrains de football, de Condé-sur-Noireau à Malherbe en passant par Cormelles.
Cette sportive accomplie s'est aussi reconvertie dans le hand, à Colombelles avant de replonger au SMC, puis à Venoix. La course à pied, c'est un tout autre univers. Le marathon est un match avec soi-même.
"Je veux revivre des émotions sportives et j'ai envie de me prouver que je suis encore capable de faire des belles choses. Cette fois, ma performance ne dépendra que de moi."
Préparation sans faille
Bien sûr, la notion de plaisir est centrale dans ce projet. Mais il faut plus que cela pour s'astreindre à un entraînement le jour de Noël et s'infliger quatre mois de préparation sans faiblir. "Je fais le marathon pour le plaisir, mais je vais courir en sachant pourquoi je le fais", expose celle qui ne dit jamais non à un padel.
Léa Quinio a fait ce qu'elle sait faire de mieux : s'investir sans demi-mesure. Elle s'est entourée d'un coach, Reynald Lemonnier, pour être guidée et rassurée. "J'avais besoin de faire confiance à quelqu'un. Et puis, j'ai toujours voulu prouver des choses aux coachs."
Elle n'a pas raté une séance. Elle en dénombrera une quarantaine à son actif quand elle sera sur la ligne de départ. Ces dizaines d'heures solitaires passées sous la pluie, le vent, la neige et parfois même le soleil ont nourri la confiance de la runneuse.
"La prépa m'a permis de me sentir mieux physiquement et mentalement. Je n'ai jamais eu de coup de mou, ce qui est assez surprenant."
L'épreuve des sommets italiens
En février, Léa Quinio a passé trois semaines à Livigno pour couvrir les Jeux Olympiques. "Les conditions étaient assez dantesques. J'étais à 1800 mètres d'altitude. Je devais courir sur la neige. Mentalement, ça m'a vraiment aidée."
La Normande en gardera des souvenirs savoureux. "Les gens me relookaient pour savoir si je faisais partie d'une délégation. Je pense qu'ils se rendaient compte assez vite que je n'étais pas une athlète de haut niveau", se marre-t-elle.
Le grand jour approche
Dimanche 29 mars, les sommets italiens seront loin, malgré les 400 mètres de dénivelé positif attendus sur le parcours. "Je n'ai pas choisi le marathon le plus facile mais je vais me sentir un peu à la maison. J'avais envie de courir dans ma région. Mes parents vont pouvoir venir m'encourager."
Léa Quinio est impatiente et un peu anxieuse aussi. "Courir 42 kilomètres, je ne sais pas ce que c'est." Cela tombe bien, c'est précisément cet inconnu qu'elle recherche.
"Ma priorité des priorités, c'est de le finir et de prendre du plaisir. Les premiers semis, j'y allais pour un chrono et ça s'était mal passé. Le seul semi où je ne m'étais pas fixé de chrono, j'ai fait mon meilleur temps."
Au moment de franchir la ligne d'arrivée, le 29 mars, il y aura forcément beaucoup d'émotion. "Ils sont fiers de moi et c'est quelque chose dont je me suis beaucoup nourrie pendant ma préparation. Ce marathon, je le fais pour moi, mais je sais qu'il y a aussi du monde derrière moi."