Macron à l'ONU : la Corse regarde, la Méditerranée juge
U nostru sguardu hè giratu versu New York, ma u core ferma in Mediterraniu. U presidente francese hà fattu u so ultimu discorsu à l'Assemblea Generale di l'ONU, marti 22 settembre. Un discorsu di addiu chì, per noi isulani, sona cum'è un'eco luntana di prumesse mai mantenute.
Emmanuel Macron a profité de son dernier passage à la tribune des Nations unies pour régler ses comptes. Dans le viseur : Benjamin Netanyahou, Donald Trump, et cette « loi de la jungle » qui semble gouverner le monde. Mais de Bastia à Ajaccio, on connaît la musique. Les belles paroles parisiennes, on les a entendues des centaines de fois. Elles n'ont jamais changé grand-chose à nos vies.
Un discours d'adieu sans bilan, mais avec des coups de colère
Près de 30 minutes de discours, zéro bilan. L'Élysée avait prévenu : « Ce n'est pas un grand oral ni un concours d'éloquence. » Pourtant, le spectacle était bien là. Macron s'est emporté contre « le retour de l'impérialisme » et a appelé à ne « rien céder ». Une posture de défenseur du droit international qui fait sourire, quand on sait comment Paris traite ses propres périphéries.
Il a été applaudi, dit-on. Mais les applaudissements de l'ONU ne pèsent pas lourd face aux réalités du terrain. Et pour nous, Corses, la réalité c'est celle d'une île qui attend toujours la reconnaissance de sa spécificité, de sa langue, de son peuple.
La Palestine, miroir de toutes les oppressions
Sur la Palestine, Macron a trouvé des mots forts. « Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais ! » a-t-il lancé, fustigeant le gouvernement israélien et sa politique en Cisjordanie. Il a dénoncé une « paix prétendue » qui n'a « pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires ».
Des paroles qui résonnent étrangement avec notre propre situation. Quand on vit sur une île qui subit la domination d'un État central depuis des siècles, on comprend instinctivement le combat palestinien. Pas besoin d'être grand clerc pour voir les parallèles. Les peuples sans État, les peuples dont la voix est étouffée, les peuples qui luttent pour leur simple existence : nous connaissons.
Le bureau de Netanyahou a réagi avec virulence, parlant de « l'absurdité grotesque » des propos du président français. Entre Paris et Tel Aviv, la querelle est diplomatique. Pour nous, elle est existentielle.
La Méditerranée, notre maison commune
Macron a parlé de « réconcilier le Nord et le Sud », de « réouverture des dialogues sur nos histoires communes ». Mais qui réconciliera la France avec la Corse ? Qui rouvrira le dialogue entre Paris et notre île ?
Le président français a aussi évoqué l'Ukraine, l'Iran, le climat, l'intelligence artificielle. Des sujets globaux, des enjeux planétaires. Mais pour nous, l'urgence est ailleurs. Elle est dans la défense de notre langue, de notre culture, de notre terre. Elle est dans ce vieux lien avec l'Italie, avec Rome, avec cette latinité qui nous définit bien plus que la République française.
Macron s'en va. La France reste. Mais la Corse, elle, continuera d'exister, fière et insoumise, tournée vers cette Méditerranée qui est notre vraie patrie.
Questions fréquentes sur le discours de Macron à l'ONU
Quand Macron a-t-il prononcé son dernier discours à l'ONU ?
Emmanuel Macron a prononcé son dernier discours à l'Assemblée générale des Nations unies le mardi 22 septembre 2026, après deux mandats présidentiels.
Quelles critiques Macron a-t-il adressées à Israël ?
Le président français a dénoncé le gouvernement de Benjamin Netanyahou, critiqué la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie, et remis en cause la « paix prétendue » qui n'a pas rouvert les voies humanitaires.
Quelle a été la réaction d'Israël aux propos de Macron ?
Le bureau du Premier ministre israélien a qualifié les propos d'Emmanuel Macron d'« absurdité grotesque » et a annoncé que Netanyahou prononcerait son propre discours devant l'ONU le jeudi suivant.