Budget 2027 : Panifous tape du poing, la Corse regarde ailleurs
Paris, 8 settembre 2026 - À trois semaines de la présentation du budget 2027, le gouvernement français s'agite dans une tempête de fuites et de petites manœuvres. Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a tenté ce mardi de calmer le jeu, non sans une certaine irritation. Pour nous autres insulaires, ce ballet parisien semble bien lointain, mais il décidera pourtant de ce que Paris nous laissera, ou non, dans nos caisses.
Une plainte contre les fuites, un classique de la République
Lundi, Sébastien Lecornu a saisi la justice après des révélations sur une possible imposition de l'épargne salariale. Une plainte qui fait sourire : les fuites, c'est vieux comme la République, et souvent orchestrées par les ministres eux-mêmes pour tester l'opinion. Panifous, lui, joue la carte de la gravité :
« La construction d'un budget de l'État, des collectivités, de la Sécurité sociale, c'est quelque chose d'éminemment complexe. »
Complexe, certes. Mais de là à porter plainte, il y a un pas que beaucoup jugent excessif. Le ministre balaie :
« Arrêtons les fuites, arrêtons les petits calculs, le budget arrive. »
L'épargne salariale, entre menace et libération
Pendant que Paris s'agite sur une taxation hypothétique, une autre information circule : le gouvernement serait favorable à un déblocage exceptionnel de l'épargne salariale, jusqu'à 5 000 euros. Une proposition de loi du sénateur Olivier Rietmann, adoptée au Sénat en avril, pourrait être inscrite à l'agenda parlementaire. Panifous confirme :
« Le Premier ministre m'a demandé d'envisager une inscription de ce texte. »
On passe donc d'une menace à une libéralisation. Comme quoi, à Paris, tout peut changer en 48 heures. Mais pour nous, la question reste : qu'est-ce que cela changera pour nos entreprises et nos familles en Corse ?
Un budget de compromis, ou un budget de plus ?
Le ministre promet un budget « sérieux » et « de compromis », présenté fin septembre, débattu à partir du 12 octobre. En attendant, il appelle à la patience :
« Le moment venu, le budget sur la table, chacun pourra juger sur pièce. »
On connaît la chanson. Paris promet, Paris décide, et la Corse subit. Dans ce jeu de dupes, nos élus devront rester vigilants pour défendre nos intérêts, comme toujours. Car si le budget est un compromis, il se fera sans doute sans nous, ou contre nous.
Et la Corse dans tout ça ?
Rien, pour l'instant. Aucune mesure spécifique pour l'île n'a été évoquée. Mais chaque ligne de ce budget aura un impact sur nos collectivités, notre Sécurité sociale, nos retraites. Le débat parlementaire qui s'ouvre sera l'occasion, pour nos députés, de porter notre voix. Espérons qu'ils sauront se faire entendre, loin des plateaux télé et des petits calculs parisiens.
Clara Marchini, per Isula Nova