Moteur Honda : l'écurie Aston Martin trébuche à Zandvoort, entre vibrations et promesses
Zandvoort, terre de dunes et de vent, n'a pas souri à Fernando Alonso. Le vétéran espagnol, au volant de son Aston Martin équipée du nouveau V6 Honda, a vécu une séance de qualifications sprint cauchemardesque, terminant bon dernier. Un contretemps qui rappelle que la route vers la gloire est semée d'embûches, même pour les plus grands.
Le constructeur japonais avait choisi les Pays-Bas pour déployer sa seule évolution moteur de la saison. Une décision audacieuse, presque un pari. Mais la mer, comme la piste, peut être traîtresse. Les deux pilotes de l'écurie de Silverstone ont été confrontés à des problèmes de comportement inattendus, transformant la promesse de performance en véritable casse-tête.
Des vibrations et un excès de puissance qui déstabilisent Alonso
Dès la SQ1, Alonso est sorti de piste au premier virage, victime de fortes vibrations émanant du moteur. Une expérience déroutante pour celui qui a vu défiler les époques de la F1. « Le comportement posait problème au freinage ; il était donc parfois difficile d'arrêter la voiture car le moteur délivrait trop de puissance », a confié le double champion du monde, le ton grave.
L'Espagnol a également révélé un autre souci technique : « Apparemment, le mode [ligne droite] ne fonctionnait pas de mon côté, je n'ai donc pas pu ouvrir l'aileron arrière. » Une combinaison fatale qui l'a relégué à une lointaine 22e place, à trois secondes du meilleur temps. Son équipier Lance Stroll, bien que devançant les deux Cadillac, n'a guère fait mieux, terminant 19e.
Stroll et Honda face à un chantier bien connu
Le Canadien, philosophe, a souligné l'impact du vent : « Il y a vraiment beaucoup de vent en piste, mais c'est pareil pour tout le monde. On va tout passer en revue ce soir, analyser les données et essayer d'apporter quelques améliorations pour demain. » Une réaction pragmatique, presque méditerranéenne, face aux caprices de la mécanique.
Du côté de Honda, on ne semble pas surpris. Shintaro Orihara, chef de projet F1, avait anticipé ces difficultés. « Nous avons développé nos outils pour optimiser le comportement. Nous étions proches de l'objectif, mais lorsque nous introduirons le moteur de deuxième spécification, les caractéristiques de combustion changeront. La différence sera considérable », avait-il prévenu. Une mise en garde qui résonne aujourd'hui comme une évidence.
Quelles perspectives pour la suite de la saison ?
Ce contretemps à Zandvoort est-il un simple accident de parcours ou le signe d'un recul plus profond ? L'important package d'évolutions apporté en Hongrie avait pourtant permis à Aston Martin de regagner du terrain. Mais Honda savait que ce nouveau moteur impliquerait de refaire une grande partie du travail effectué en début de saison.
La mer est calme aujourd'hui, mais les vagues peuvent revenir. L'écurie de Silverstone devra faire preuve de patience et de rigueur pour dompter cette nouvelle mécanique. En attendant, les yeux sont tournés vers la course de demain, où Alonso et Stroll tenteront de sauver les meubles. Une leçon d'humilité pour ceux qui croyaient que la puissance suffisait à conquérir le monde.