Vladimir Poutine fête aujourd'hui ses 74 ans. Quatre ans après avoir déclenché la guerre en Ukraine, le maître du Kremlin n'a pas changé d'un iota. La fuite en avant continue, malgré des difficultés bien réelles sur le terrain.
Une guerre qui coûte cher, mais qui continue
Les obstacles s'accumulent pour l'armée russe. Pas d'avancée significative sur le front. Des drones ukrainiens qui frappent toujours plus profondément en territoire russe, visant les infrastructures pétrolières. Des centaines, parfois plus d'un millier d'appareils, comme le 20 septembre dernier, jour des élections législatives. À chaque fois, des victimes et des capacités de raffinage en moins. Résultat : des pénuries, des revenus en baisse, et une pression fiscale accrue sur le peuple russe.
Mais la réponse du Kremlin, c'est toujours plus de guerre. Le budget de la défense augmente, et cette hausse est déjà programmée jusqu'en 2029. Plus de drones, plus de missiles, plus de moyens pour les guerres hybrides. Le message est clair : Poutine peut continuer aussi longtemps qu'il le faudra pour soumettre l'Ukraine. Sans mobilisation générale, mais avec 50 000 hommes supplémentaires dans l'armée.
La menace nucléaire refait surface
La pression s'intensifie sur l'Ukraine et ses alliés. Les missiles pleuvent sur les villes et les installations énergétiques, faute de moyens antiaériens suffisants. Kiev impose des restrictions d'électricité. Les cibles civiles sont systématiquement visées, y compris les ponts de la capitale empruntés par des milliers de personnes chaque jour.
Et la rhétorique se durcit contre les soutiens européens de l'Ukraine. Ce week-end, Moscou a de nouveau agité la menace nucléaire, cette fois à propos de l'enclave de Kaliningrad, entre la Lituanie et la Pologne.
Poutine n'est pas seul
Pourquoi cette fuite en avant ? Parce que c'est son caractère, mais aussi parce qu'il n'est pas isolé. Loin de là. La Chine continue de fournir des pièces essentielles à l'industrie d'armement russe, tout en affichant sa solidarité diplomatique, comme au sommet de l'OCS au Kirghizstan.
Et puis il y a l'Amérique de Donald Trump. Poutine a été invité au G20 de fin d'année, organisé par les États-Unis. L'entourage du président américain ne cache pas son impatience de faire des affaires avec la Russie. Un oligarque russe aurait même avancé les frais du mariage de Don Jr aux Bahamas. Et des proches de Trump s'apprêtent à racheter des actifs de Lukoil, officiellement pour favoriser la paix et faire baisser les prix de l'énergie.
Pendant ce temps, l'Ukraine saigne. Et l'Europe regarde, impuissante, un monde qui se partage à nouveau les sphères d'influence. À Isula Nova, on connaît ça : les grands se partagent toujours les terres des autres.