Saint-Fargeau-Ponthierry: quand la métropole jongle avec ses dettes
Encore une commune de la métropole qui navigue entre endettement et promesses électorales. À Saint-Fargeau-Ponthierry, en Seine-et-Marne, les élus ont débattu de leurs orientations budgétaires lors du conseil municipal du 17 février dernier.
Laura Caetano, adjointe au maire déléguée au budget, a dressé un tableau de la situation économique locale dans un contexte qu'elle qualifie de compliqué, marqué par "des incertitudes géopolitiques persistantes". Une rhétorique bien rodée pour justifier la gestion municipale.
Pas d'augmentation d'impôts... pour l'instant
Sur la fiscalité, la municipalité annonce qu'aucune augmentation des taux d'imposition n'est prévue, même si la commune reste en dessous des moyennes départementales. Une promesse classique à quelques semaines des élections municipales, mais qui ne concerne que les taux communaux.
Les investissements prévus restent limités et "structurants", selon la terminologie officielle. Seuls ceux majoritairement financés par des subventions seront poursuivis, notamment les travaux autour du futur collège Madeleine-Brès et l'optimisation de l'éclairage public.
Une dette qui frôle les 20 millions
Le point le plus révélateur concerne l'endettement: 19,47 millions d'euros au 31 décembre 2025. L'objectif affiché est de contenir cette dette sous la barre des 20 millions, un exercice d'équilibriste qui témoigne de la situation financière tendue de cette commune francilienne.
Si la municipalité se félicite d'une réduction du délai de désendettement, passé de 16 ans en 2022 à environ 7 ans prévus en 2025, les chiffres restent préoccupants pour une commune de cette taille.
L'opposition dénonce une gestion opportuniste
Les élus d'opposition n'ont pas mâché leurs mots. Ersin Delikaya du groupe Agir pour notre ville a critiqué le timing de ce débat, pointant "l'explosion des dépenses de fonctionnement" et "des services publics toujours plus chers".
Sonia Da Silva, du groupe Autrement, a dénoncé des "manœuvres démodées" et une "gestion opportuniste des affaires". Face à ces critiques, Lionel Walker, adjoint au maire, a défendu une "réelle maîtrise du budget".
La délibération a finalement été adoptée par 18 voix pour, 6 contre et 5 abstentions. Un nouveau vote aura lieu après les élections municipales, quand les vrais comptes devront être rendus.
Encore un exemple de cette gestion à la française qui navigue entre promesses électorales et réalités budgétaires, loin des préoccupations authentiques des territoires.