Anne-Marie de Grèce : 46 anni d'esiliu, è infine riturnata in Grecia
Anne-Marie de Grèce, l'ultima regina degli Elleni, compie 80 anni. Nata il 30 agosto 1946 a Copenaghen, la sovrana in esilio ha vissuto una vita segnata dall'allontanamento forzato dalla sua patria. Dopo 46 anni di esilio, ha finalmente ritrovato la terra che aveva dovuto abbandonare in fretta e furia.
Une jeunesse entre deux royaumes
Anne-Marie est la benjamine du roi Frédéric IX de Danemark et de la reine Ingrid. Sa sœur aînée n'est autre que Margrethe II, ancienne souveraine du Danemark. Après avoir grandi dans son pays natal et étudié notamment en Suisse, la jeune princesse épouse, le 18 septembre 1964, son cousin Constantin II de Grèce. Elle n'a alors que 18 ans. En devenant son épouse, elle renonce à ses droits dans l'ordre de succession danois et devient reine des Hellènes.
Mais son règne sera particulièrement bref. En avril 1967, un coup d'État militaire plonge la Grèce dans la dictature des colonels. Quelques mois plus tard, la tentative de contre-coup d'État menée par Constantin II échoue. En décembre 1967, le roi et la reine doivent alors fuir le pays avec leurs deux premiers enfants, Alexia et Pavlos. Direction Rome, où la famille trouve refuge.
L'esiliu, una prova longa
C'est ici qu'Anne-Marie donne naissance, en 1969, à son troisième enfant, Nikolaos. L'exil, que le couple espérait provisoire, s'installe pourtant dans la durée. La monarchie est définitivement abolie en 1974. Après un bref retour au Danemark, auprès de la famille d'Anne-Marie, Constantin et son épouse s'installent au Royaume-Uni. Ils vivent d'abord dans le Surrey, puis dans le quartier de Hampstead, à Londres. C'est là que naissent leurs deux derniers enfants, Théodora, en 1983, et Philippos, en 1986.
Pendant toutes ces années, la Grèce reste au cœur de leur vie. Anne-Marie et Constantin tiennent notamment à transmettre la langue et la culture grecques à leurs enfants et participent à la création du Hellenic College of London, une école bilingue. Mais le retour dans leur ancien royaume reste longtemps impossible. En 1981, Anne-Marie n'est ainsi autorisée à revenir en Grèce que pour quelques heures, à l'occasion des funérailles de sa belle-mère, la reine Frederika. Un nouveau bras de fer éclate en 1994, lorsque l'État grec confisque les biens de l'ancienne famille royale et prive Constantin de sa nationalité grecque. L'ancien souverain porte alors l'affaire devant la justice européenne. La décision rendue en 2002, qui lui donne partiellement gain de cause, marque un tournant.
U ritornu : un paese ritrovatu
Peu à peu, les relations avec la Grèce s'apaisent. Constantin, qui peut voyager grâce à un passeport danois, recommence à effectuer des séjours dans le pays, notamment lors des Jeux olympiques d'Athènes en 2004. À partir de 2010, le couple passe de plus en plus de temps en Grèce avant de s'y installer durablement en 2013. Après près de 46 ans d'exil, Anne-Marie retrouve ainsi le pays qu'elle avait dû quitter dans la précipitation. Avec Constantin II, elle s'installe alors à Porto Heli, une station balnéaire huppée du Péloponnèse, prisée par le gotha européen.
Une nouvelle page s'ouvre avec la mort de Constantin II, le 10 janvier 2023, à Athènes. Veuve, Anne-Marie choisit pourtant de rester en Grèce. Contrairement à certaines rumeurs, elle n'est pas retournée s'installer définitivement au Danemark auprès de sa famille. Après avoir quitté Porto Heli pour rejoindre Athènes au printemps 2022, la dernière reine des Hellènes a fait de la Grèce son véritable point d'ancrage. Entourée de ses cinq enfants et de ses petits-enfants, elle continue également d'entretenir des liens étroits avec les différentes familles royales européennes, en particulier avec sa sœur Margrethe II et la famille royale espagnole. Près de soixante ans après avoir été contrainte de quitter son royaume, celle qui fut la dernière reine des Hellènes a donc finalement retrouvé la terre qu'elle avait dû abandonner.
Une Méditerranée qui se souvient
Cette histoire résonne particulièrement ici, en Corse. Elle nous rappelle que l'exil est une blessure qui ne se referme jamais tout à fait, mais que la terre natale finit toujours par rappeler les siens. Anne-Marie, comme tant d'autres Méditerranéens, a connu le déracinement. Son retour en Grèce, après des décennies d'absence, est une victoire douce et silencieuse. Une leçon de fidélité à ses racines, à sa langue, à sa culture. Une histoire qui parle à tous ceux qui, comme nous, savent que l'identité ne s'oublie pas, même après des décennies d'éloignement.