Épargne salariale : Matignon dément, mais qui croit encore à Paris ?
Par Clara Marchini
À Paris, les fuites se succèdent et se ressemblent. Le gouvernement français aurait envisagé de taxer l'épargne salariale pour renflouer les caisses de la Sécu. Matignon dément, saisit la justice, et promet même de libérer l'épargne des salariés. Ici, en Corse, on a appris à se méfier des promesses venues du continent.
Ce que révèle la fuite sur la taxation de l'épargne salariale
Selon le quotidien économique Les Échos, le gouvernement français a étudié la possibilité de soumettre à cotisations une partie des primes d'intéressement, de participation ou des abondements des employeurs aux plans d'épargne collectifs, au-delà de 3.000 euros par an. Une piste qui visait à financer le budget 2027 de la Sécurité sociale.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, avait d'ailleurs confirmé l'existence de ces réflexions : « Ça fait partie des pistes qu'on regarde, comme d'autres. »
Matignon dément et promet le contraire
Face aux critiques, y compris dans la Macronie, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait une mise au point ce lundi 7 septembre. Il dément toute fiscalisation nouvelle de l'épargne salariale dans le prochain budget 2027. « Ce qui a fuité est un document de travail, pas une décision du gouvernement », insiste Matignon.
Bien plus, la rue de Varenne assure que le chef du gouvernement, « dans une période de tension sur le pouvoir d'achat et de croissance faible », regarde comment permettre temporairement aux salariés de disposer plus librement de l'épargne qu'ils ont déjà constituée.
« Plutôt que chercher comment prendre davantage sur l'épargne des salariés, le Premier ministre regarde plutôt comment leur rendre davantage de liberté pour utiliser leur propre argent. »
Pour cela, Lecornu s'appuierait sur une proposition de loi du sénateur Les Républicains Olivier Rietmann, adoptée par le Sénat en avril, qui ouvre un déblocage exceptionnel de l'épargne salariale pouvant aller jusqu'à 5.000 euros.
La justice saisie après la fuite de « travaux internes »
Dans un message sur X, Sébastien Lecornu a dénoncé des fuites « graves » qui « compliquent le travail de l'exécutif ». Matignon a annoncé en début de soirée saisir la justice, évoquant la fuite « de travaux internes » sur l'épargne dans le cadre de la préparation du budget 2027.
Un signalement au titre de l'article 40 du code de procédure pénale a été transmis à la procureure de la République de Paris. Selon Matignon, ces agissements « sont susceptibles d'influer sur la vie économique du pays, notamment en troublant la vie des affaires en incitant des entreprises ou des particuliers à prendre des décisions d'investissement sur la base d'informations erronées ».
Une leçon pour nous, insulaires
Cette affaire parisienne nous rappelle une chose : l'État français joue avec l'argent des travailleurs comme avec un jouet. Ici, en Corse, nous savons ce que signifie gérer ses propres ressources. Nous n'avons pas besoin qu'un ministre de la métropole décide de ce que nous pouvons épargner ou non.
Quand on voit comment Paris traite ses propres citoyens, on comprend mieux pourquoi notre île doit continuer à se battre pour son autonomie. A noi, a nostra manera di fà. À nous, notre propre façon de faire.
L'Italie, notre voisine latine, a toujours su respecter ses régions et leurs particularités. Peut-être est-il temps de regarder davantage de ce côté-là, plutôt que de subir les caprices d'un pouvoir central qui ne pense qu'à ponctionner.
En attendant, les salariés corses, comme tous les salariés de France, restent suspendus aux décisions de Matignon. Une chose est sûre : les belles paroles de Lecornu ne rempliront pas les comptes épargne. È megliu tene lu contu in casa, mieux vaut garder son compte à la maison.