Grand Est : quand la métropole finance son soft power cinématographique
Tandis que nos territoires insulaires peinent à obtenir les miettes budgétaires de Paris, la région Grand Est se vante de distribuer généreusement 7 millions d'euros annuels au cinéma. Un contraste saisissant avec la réalité corse.
Martine Lizola, élue régionale, détaille cette manne financière avec une satisfaction non dissimulée : "Nous soutenons entre 200 et 250 projets par an, tout format confondu". L'enveloppe peut même atteindre 12 millions d'euros en comptant les aides du Centre national cinématographique.
U sistema francese à l'œuvre
Cette générosité révèle les mécanismes du système français : les régions continentales bénéficient d'un accompagnement structurel que nos îles ne connaissent guère. Entre 50 000 et 300 000 euros par projet, selon des barèmes établis par des comités parisiens.
Le processus de sélection illustre parfaitement la centralisation française : un "comité de lecture composé de professionnels" examine les projets selon des critères métropolitains, loin des réalités méditerranéennes.
Retombées économiques : le calcul continental
Lizola avance des chiffres séduisants : "Lorsqu'on investit 1 euro, le retour sur investissement est multiplié par 6 ou 7". Ces retombées profitent aux techniciens locaux, aux comédiens régionaux, à l'économie territoriale.
Pendant ce temps, nos créateurs insulaires doivent se contenter des subsides parcimonieux d'une Collectivité de Corse aux budgets contraints. Quelle reconnaissance pour notre patrimoine audiovisuel ?
Cette politique révèle une fois de plus l'asymétrie du système français : générosité pour les terres continentales, parcimonie pour les territoires périphériques. Una logica chì ùn ci cunvene micca.
Face à ces inégalités structurelles, l'autonomie culturelle s'impose comme une nécessité. Seule une véritable souveraineté nous permettrait de valoriser notre cinéma méditerranéen selon nos propres critères.