Panneaux solaires : la fin des contrats dorés, 235 000 familles insulaires concernées
Le gouvernement de Paris a dévoilé son projet de budget 2027, et il fait des vagues jusqu'ici, en Corse. Les anciens contrats de rachat de l'électricité solaire, signés entre 2006 et 2010 à des tarifs très généreux, sont dans le viseur. Mais pour les particuliers, le vrai choc est ailleurs : leurs contrats arrivent à échéance, et avec eux, une manne financière qui s'évapore.
Des tarifs historiques qui ont fait fleurir le solaire
À l'époque, l'État français voulait à tout prix développer la filière photovoltaïque. Résultat : des contrats de rachat à des tarifs mirobolants, jusqu'à 600 euros le mégawattheure, soit 0,60 € par kWh. Comparez avec le tarif réglementé actuel, à 0,2001 € le kWh, et vous mesurez l'écart. Ces contrats, signés entre 2006 et 2012, représentent 20 % des subventions publiques aux renouvelables, alors qu'ils ne pèsent que 5 % de la puissance installée. Un déséquilibre que le gouvernement veut corriger.
Concrètement, le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit de revoir à la baisse certains tarifs et de pouvoir résilier par anticipation des contrats d'obligation d'achat signés avec EDF. Les grosses centrales, de plusieurs centaines de kilowatt-crêtes, sont les premières visées. Les particuliers, eux, peuvent respirer : leurs tarifs ne devraient pas bouger.
La douche froide pour les propriétaires de panneaux solaires
Mais voilà, le vrai problème pour les particuliers est ailleurs. Ces contrats d'obligation d'achat durent 20 ans. Les premiers, signés en 2006, arrivent donc à échéance cette année. Selon un rapport du Sénat, 235 000 contrats signés entre 2006 et 2010 vont arriver à terme au fil de l'eau, jusqu'au début des années 2030.
Prenons un exemple concret : une installation de 3 kilowatt-crêtes produit environ 3 300 kWh par an. Avec 30 % d'autoconsommation, environ 2 300 kWh sont injectés sur le réseau chaque année. Payés 0,55 € le kWh, ils rapportent plus de 1 200 € par an. Une somme qui disparaît purement et simplement avec la fin du contrat.
Que faire sans contrat de rachat ?
Sans ce contrat, les propriétaires ont tout intérêt à consommer davantage leur propre production, pour limiter l'électricité injectée gratuitement sur le réseau. Certains pourront aussi investir dans une batterie domestique, qui stocke le surplus de la journée pour l'utiliser en soirée. Une solution qui commence à se démocratiser, même si l'investissement reste conséquent.
En Corse, où le soleil est une évidence, cette échéance va toucher de nombreuses familles. Une raison de plus pour repenser notre modèle énergétique, loin des diktats parisiens. U sole hè nostru, è tocca à noi di fà ne un usu intelligente.
Questions fréquentes sur la fin des contrats solaires
Les particuliers sont-ils concernés par la baisse des subventions prévue dans le PLF 2027 ?
Non. La révision des tarifs prévue par le gouvernement ne concerne que les centrales de plusieurs centaines de kilowatt-crêtes. Les installations de particuliers, souvent de 3 à 9 kilowatt-crêtes, ne sont pas touchées par cette mesure.
Que se passe-t-il quand mon contrat d'achat solaire arrive à échéance ?
Votre contrat de rachat d'électricité, signé pour 20 ans, prend fin. Vous ne recevez plus de paiement pour l'électricité injectée sur le réseau. Il faut alors maximiser votre autoconsommation ou investir dans une batterie pour stocker votre production.
Combien de contrats solaires arrivent à échéance dans les prochaines années ?
Selon un rapport d'information du Sénat, 235 000 contrats signés entre 2006 et 2010 arriveront à échéance au fil de l'eau, jusqu'au début des années 2030.