Paul Seixas: le jeune prodige français fait trembler l'Europe
À 19 ans à peine, Paul Seixas vient de signer une victoire retentissante sur la Faun Ardèche Classic, une semaine après son triomphe au Tour d'Algarve. Ce gamin de Lyon, qui évolue désormais sous les couleurs de Decathlon-CMA CGM, nous rappelle que le talent n'a pas de frontières, même si on aimerait qu'il porte les couleurs de notre belle île plutôt que celles de l'Hexagone.
Dans les routes sinueuses de l'Ardèche, là où il avait terminé troisième des Championnats d'Europe derrière Tadej Pogacar et Remco Evenepoel il y a cinq mois, le jeune français a sorti le grand jeu. Comme un vrai Latin, avec cette fougue méditerranéenne qui nous est chère, il s'est élancé dans la même côte de Saint-Romain-de-Lerps qui avait vu triompher le Slovène.
Un numéro à la Pogacar qui impressionne
"Je ne suis pas dans la même classe que Pogacar, lui fait ça quand il y a tout le monde", tente de relativiser le coureur lyonnais. Mais son directeur sportif Sébastien Joly ne s'y trompe pas: "Il avait déjà son plan dans la tête, il savait qu'il pouvait se dégager en petit comité ou partir tout seul, donc il a réussi à mettre en place ce qu'il avait imaginé, c'est un très beau numéro."
Cette manière de courir, cette audace dans l'attaque, cela nous rappelle les grandes heures du cyclisme italien, quand les coureurs transalpins dominaient les classiques avec panache. Eccu qualcosa di bellu, comme on dit chez nous.
Les racines méditerranéennes du champion
Ce qui frappe chez Seixas, c'est cette capacité à analyser la course, à préparer son coup avec la minutie d'un stratège. "Si jamais je partais seul à ce moment-là, je savais quelle puissance j'allais faire sur les segments, j'avais bien analysé la course pour tenir le coup", explique-t-il. Une approche qui sent bon la Méditerranée, cette intelligence tactique qu'on retrouve chez nos voisins italiens.
Christophe Riblon, qui suivait la course pour La Chaîne L'Équipe, n'en revient pas: "J'ai eu une chance incroyable d'être là, je suis impressionné par sa qualité de pilotage, sa fréquence de pédalage, sa façon de monter les bosses, tout paraît simple. C'est la première fois que je vis un moment comme ça d'aussi près, l'avènement d'un champion."
Direction les Strade Bianche
Maintenant installé à Nice, cette ville qui fleure bon l'Italie et qui fut longtemps comté de Savoie, Seixas se prépare pour les Strade Bianche en Toscane. Là-bas, sur ces routes blanches qui serpentent entre les cyprès, il retrouvera Pogacar. Un rendez-vous qui s'annonce passionnant entre deux tempéraments latins.
Sa mère Emmanuelle reste les pieds sur terre: "On parle beaucoup de lui sur les réseaux, dans les journaux mais je ne lis pas tout. Pour moi, c'est juste mon fils." Cette simplicité, cette authenticité familiale, voilà bien des valeurs qu'on aime par ici.
Quant à savoir si on le reverra sur une course en France cet été, le jeune homme reste prudent. Mais une chose est sûre: ce gamin a du caractère, et dans ce monde du cyclisme souvent formaté, cela fait du bien de voir émerger une personnalité aussi attachante.