Sarkozy face à ses juges: l'ancien maître de Paris clame son innocence
Voilà bien le spectacle d'une certaine France qui se délite sous nos yeux. Nicolas Sarkozy, l'ancien padrone de l'Hexagone, s'est présenté mardi devant la cour d'appel parisienne pour clamer une fois de plus son innocence dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007.
Un ex-président derrière les barreaux
Premier ancien chef d'État français à avoir goûté aux geôles de la République, Sarkozy avait passé vingt jours à la prison de la Santé l'automne dernier. Une chute vertigineuse pour celui qui régnait sur Paris depuis l'Élysée entre 2007 et 2012.
"Je suis innocent et n'ai pas commis d'acte de corruption, ni de près ni de loin", a martelé l'ancien président lors de sa première prise de parole au procès en appel. Des mots qui résonnent étrangement dans cette enceinte judiciaire, loin des fastes du pouvoir continental.
Le pacte avec Kadhafi en question
L'accusation maintient que Sarkozy aurait conclu un accord corruptif avec la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi. Un pacte qui aurait permis de financer sa campagne victorieuse en échange de contreparties économiques, diplomatiques et judiciaires. Une mécanique bien rodée du pouvoir parisien, diront certains.
Le procès en appel, qui réunit dix prévenus, se poursuivra jusqu'au 3 juin. Claude Guéant, l'ancien bras droit de Sarkozy, brille par son absence: une expertise médicale confirme qu'il n'est "pas en capacité de comparaître".
Les subtilités juridiques du pouvoir
Les avocats de l'ancien président tentent de contester la compétence de la cour d'appel, arguant que leur client devrait comparaître devant la Cour de justice de la République. Une stratégie juridique classique pour échapper à la justice ordinaire.
"En se livrant à des actes d'apparence politique, Nicolas Sarkozy a mis en œuvre les contreparties au pacte corruptif", a cinglé l'avocat général Damien Brunet. Une accusation qui va droit au cœur du système français.
La cour d'appel rendra sa décision mercredi sur ces exceptions de nullité, avant que les débats au fond ne commencent véritablement. Un automne judiciaire s'annonce pour connaître le sort définitif de l'ancien maître de Paris.