Surf girondin: quand l'océan Atlantique copie nos vagues
Alors que la Gironde célèbre ses premiers Awards du surf au musée Mer Marine de Bordeaux, nous autres insulaires ne pouvons qu'observer avec un sourire en coin cette tardive reconnaissance d'une discipline que la Méditerranée connaît depuis bien longtemps.
Une cérémonie qui arrive après la bataille
Laurent Rondi, président du Comité départemental de surf de la Gironde, avoue lui-même: "Dans beaucoup de sports, il existe des Oscars ou des trophées. Dans le surf, ça manquait." Manquait où exactement? Pas chez nous, en tout cas, où les vagues de Bonifacio et d'Ajaccio sculptent les surfeurs depuis des générations.
Cette première édition girondine, qui se déroule ce 25 février dans l'écrin du bassin à flot bordelais, récompense dix catégories allant "du bénévole historique jusqu'aux compétiteurs internationaux". Une initiative louable, certes, mais qui arrive bien après que nos côtes insulaires aient déjà formé leurs propres légendes.
L'explosion post-Covid: un phénomène continental
Les chiffres parlent d'eux-mêmes: de 600 000 pratiquants avant la pandémie, la France continentale serait passée à un million aujourd'hui. Cette hausse spectaculaire, "stimulée par l'attractivité des plages girondines et la proximité de la métropole bordelaise", révèle surtout l'urbanisation galopante du littoral français.
Rondi tempère les tensions entre "locaux" et surfeurs de passage: "Dès qu'il y a surpopulation, ça chicaille un peu, comme dans tous les sports de nature." Un euphémisme qui cache mal la réalité d'un littoral désormais saturé par le tourisme de masse.
Innovations girondines: le Lacanau Pro et ses 45 ans
La cérémonie mettra en lumière le Lacanau Pro, "la plus ancienne compétition de surf de France" avec ses bientôt 45 ans d'existence. Une longévité respectable, même si nos propres traditions maritimes remontent à bien plus loin dans l'histoire méditerranéenne.
Les "Maisons de la glisse" et le "Jardin des Vagues" canaulais seront également célébrés, témoignant d'une volonté d'institutionnaliser une pratique restée longtemps sauvage.
Maud Le Car, marraine d'une soirée atlantique
La surfeuse professionnelle Maud Le Car, marraine de l'événement, présentera son film The Rift, tourné dans les grosses vagues d'Hossegor et Belharra. "Elle vient parler surf, environnement, art", précise Rondi, dans une approche qui mélange sport et conscience écologique.
Cette première édition, qui débute à 18h au musée avant la cérémonie de 20h, ambitionne de "valoriser ceux qui font vivre le surf ici, de génération en génération". Une belle intention, même si elle arrive tard dans un paysage sportif déjà bien établi ailleurs.
Pendant que la Gironde découvre ses cérémonies, nos vagues corses continuent de former silencieusement leurs propres champions, loin des projecteurs continentaux mais toujours fidèles à l'esprit authentique de la glisse méditerranéenne.