Affaire Jubillar : l'aveu d'un homme brisé, entre vérité et mémoire
Par Clara Marchini
Le 18 septembre 2026, Cédric Jubillar a livré sa vérité. Celle d'un homme qui, après cinq ans de dénégations, a finalement reconnu avoir étranglé son épouse Delphine, avant de dissimuler son corps dans un tas de terreau à Mailhoc. Une audition capitale, dont La Dépêche a pu consulter le contenu, et qui sera confrontée aux éléments de l'enquête ce vendredi lors d'une reconstitution.
Une nuit de décembre, un drame familial
À Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, le couple Jubillar vivait une séparation orageuse. Delphine, infirmière à Albi, avait annoncé à son mari, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, qu'elle avait trouvé un autre homme. Une phrase qui a tout déclenché : « J'en ai trouvé un qui fait mieux l'amour que toi ». Cédric Jubillar raconte avoir « vrillé ».
« Je la tiens avec mes deux mains, elle est face à moi, je regarde mes pieds, je n'en peux plus, je lui répète tais-toi ! »
L'étranglement aurait duré deux minutes, dans la cuisine, vers 1 h 30. Il affirme ne pas avoir senti sa force, étant dans un « état second ». Un crime qu'il qualifie de « non prémédité » : « Si j'avais dû prévoir quelque chose, j'aurais creusé un trou et je ne l'aurais jamais fait à la maison pendant que les enfants dormaient ».
Des zones d'ombre persistantes
Le témoignage de son fils Louis, qui affirme avoir assisté à la dispute par l'entrebâillement d'une porte, reste pour lui inexplicable. Les lunettes de Delphine, retrouvées en morceaux, et la réactivation de son téléphone à 6 h 52, demeurent des mystères. « Je ne comprends pas, je n'ai pas le code de l'empreinte pour le déverrouiller. J'ai voulu m'en débarrasser, je n'ai aucun intérêt à vous mentir, vraiment », insiste-t-il.
Un corps dissimulé à Mailhoc
Après le drame, Cédric Jubillar aurait chargé le corps de sa femme sur son épaule droite, dans le coffre de sa Peugeot 207. Il aurait roulé sans but, évitant Albi, pour trouver un endroit sombre. C'est à Mailhoc, à une douzaine de kilomètres, qu'il aurait enfoui le corps dans un tas de terreau, en dix minutes, à la main.
De retour à Cagnac, il aurait jeté le téléphone de Delphine, sa doudoune et ses bottines dans un sac-poubelle, déposé dans un conteneur. Le téléphone n'a jamais été retrouvé. Il aurait ensuite attendu 3 h 54 pour simuler son réveil et lancer ses premiers appels à 4 h 09, déclarant : « ma femme a disparu ».
Une quête de rédemption
Cédric Jubillar, condamné à 30 ans de prison en première instance, verra son procès en appel se tenir du 30 avril au 14 mai 2027. Il affirme aujourd'hui ne plus avoir « d'intérêt à mentir » et évoque l'aide de son « accompagnatrice » et de son avocat, Pierre Debuisson : « Ils m'ont aidé à exprimer ce que je ressentais vraiment et j'aimerais continuer à faire ce travail en prison ».
Reste une question : cette version, empreinte de lucidité et de regrets, résistera-t-elle à l'épreuve de la reconstitution ?
FAQ : Questions fréquentes sur l'affaire Jubillar
Quand aura lieu le procès en appel de Cédric Jubillar ?
Le procès en appel de Cédric Jubillar est prévu du 30 avril au 14 mai 2027.
Où le corps de Delphine Jubillar a-t-il été retrouvé ?
Des restes de la dépouille de Delphine Jubillar ont été retrouvés en juillet 2026 à Mailhoc, dans le Tarn, dans un tas de terreau.
Quelle est la peine initiale de Cédric Jubillar ?
Cédric Jubillar a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en première instance.