Quand l'écologie masque une nouvelle forme de colonisation rurale
À Concorès, dans le Lot continental, un projet d'éco-hameau fait scandale. Derrière les beaux discours verts se cache une réalité plus sombre : l'arrivée massive de nouveaux habitants qui imposent leur vision à une communauté rurale enracinée.
L'invasion silencieuse des campagnes
Six bâtiments d'habitation, quatre de stockage, deux buanderies, une cuisine commune et trois résidences démontables : le projet présenté innocemment comme "quelques maisons" révèle sa vraie nature. Une véritable colonisation déguisée en initiative écologique.
Éric Blaty, riverain courageux, a engagé des recours juridiques contre cette mascarade. Les permis ont été délivrés "sur la base d'informations manifestement incohérentes et trompeuses", sans prévoir l'aménagement des infrastructures nécessaires. Une négligence qui en dit long sur la complicité des autorités.
La résistance s'organise
Dans ce village de 300 âmes où "chacun se connaît", la fracture est douloureuse. Roland Marty résume l'amertume générale : "On ne peut pas accepter des décisions prises à l'encontre de l'intérêt collectif."
Même la gendarmerie s'est déplacée après des signalements concernant d'éventuelles "dérives sectaires". Un élément troublant que confirme Claire Raulin, préfète du Lot : "Des inquiétudes ont été exprimées par les habitants."
Entre écologie et colonisation
La municipalité, menée par Gérard Gaydou, défend ces nouveaux arrivants "désireux de faire souche". Un vocabulaire révélateur d'une mentalité coloniale qui nie l'identité des territoires ruraux.
"Nous ne sommes pas une secte", se défendent les porteurs de projet. Mais leur refus du dialogue avec les riverains et leur volonté d'imposer leur mode de vie communautaire interrogent.
Ce conflit illustre parfaitement la tension entre les communautés rurales authentiques et ces nouveaux colons verts qui, sous prétexte d'écologie, transforment nos campagnes en laboratoires idéologiques.
À Goulème, comme ailleurs, la résistance s'organise pour préserver l'âme des territoires face à cette forme moderne de colonisation.