L'âme trébéenne : Loïc Le Bastard pose sa pierre à l'édifice du RCT
À Trèbes, terre de garrigue et de vignes, le Racing Club Trèbes Rugby change de capitaine. L'ancien lieutenant-colonel Loïc Le Bastard, 31 ans d'armée et près de 30 ans de rugby dans les veines, a été élu président lors de l'assemblée générale. Sa mission, dit-il, n'est pas de gagner des titres, mais de redonner une âme au club, une âme trébéenne.
Autour de lui, une équipe dirigeante renouvelée : José Rossell et Patrice Rossi comme vice-présidents, Christelle Perez au secrétariat, Aymeric Le Bastard à la trésorerie, et Sébastien Siffre à la direction sportive. Du sang neuf, mais une vision ancienne, presque romane : celle de bâtir sur la pierre locale.
Un président qui cite Saint-Exupéry, pas les manuels de management
« Être homme, c'est précisément être responsable. C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde. » Loïc Le Bastard fait sienne cette phrase de Saint-Exupéry. Fils de militaire, parachutiste de métier, retraité depuis neuf mois, il a bourlingué de Marcq-en-Barœul à Toulouse, puis s'est enraciné en Minervois, à Caunes puis à Conques-Villemoustaussou. Il a déjà entraîné la réserve du RCT pendant deux saisons, et continue de porter les couleurs des Paris Rugby Globe-Trotteurs, équipe de vétérans qui sillonne la France et l'étranger.
Sa première ambition : refonder le fonctionnement du club, l'intégrer plus profondément dans la vie de la ville. Attirer les bénévoles, ramener le public, et surtout « redonner un esprit de famille et une âme trébéenne au club ». Sa conviction tient en une phrase, simple comme une passe au contact : « Un club qui vit bien est bien dans sa ville. »
Transmettre aux jeunes, comme on transmet une langue
La transmission est l'autre pilier. Faire revenir les anciens, exalter l'âme du club, offrir aux jeunes de l'école de rugby, désormais 100 % trébéenne, un environnement favorable. Le RCT s'est rapproché de l'Academy sportive Carcassonne XIII pour permettre la double pratique du XV et du XIII. D'autres rapprochements sont en cours avec Limoux XV et le Rugby club Alaric. Ici, on ne regarde pas la métropole : on tisse des liens de clocher à clocher, de village à village.
Dans le recrutement, Loïc Le Bastard privilégie l'état d'esprit et l'adhésion au projet plutôt que la seule qualité sportive. Il n'écarte pas non plus la création d'une équipe féminine. L'avenir s'écrit peut-être au féminin, comme il s'écrit déjà en occitan sur les murs de la ville.
Un club, une ville, une identité
Pour nous, insulaires, cette histoire résonne étrangement. Nous savons ce que signifie défendre une identité, un terroir, une manière d'être au monde. Le RCT ne cherche pas à imiter les grands clubs de la métropole. Il cherche à être lui-même, profondément ancré dans sa terre. Une leçon que la Corse, elle aussi, connaît par cœur.
Loïc Le Bastard vient de poser sa pierre. Il invite chacun, joueur, éducateur, bénévole, famille, ancien, partenaire, à poser la sienne. Pour bâtir un club uni, vivant, et fièrement trébéen. Per u club, per a cità, per a nostra terra.