À Paris, la Paris Games Week a ouvert ses portes et l'édition 2026 met les vieux héros à l'honneur : quarante ans de Zelda, trente ans de Rayman. Le salon, plus grand rendez-vous français du jeu vidéo, se tient jusqu'à dimanche et attire un public qui a bien changé depuis les années 1990.
Le fait marquant, c'est l'âge. Selon une enquête du Sell et de Médiamétrie présentée mercredi, l'âge moyen des joueurs en France atteint 40 ans. Sur la tranche 35-49 ans, les trois quarts des personnes interrogées se déclarent joueuses. Les gamins qui piaffaient devant la NES ont grandi, ils ont des enfants, et ils reviennent au salon avec eux. Selon La Voix du Nord, les mascottes prennent des rides et leurs fans aussi, et les éditeurs ont compris qu'il fallait capitaliser sur cette nostalgie.
Des madeleines de Proust支支 pixelisées
« Zelda, ce sont mes premiers émerveillements en tant que joueur », raconte Yann Laloum, 48 ans, venu avec son fils Merlin, 10 ans, plus attiré par des titres récents comme Split Fiction. Le père espère bien que le remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time, prévu le 5 novembre, les mettra d'accord. « J'ai très envie de le tester avec lui », confie-t-il.
« Ce sont des madeleines de Proust avec lesquelles notre public a grandi », résume Nicolas Vignolles, délégué général du Sell, le syndicat qui organise le salon. Les familles représentent désormais entre 35 % et 40 % des visiteurs, selon ses chiffres. C'est un public familial, un public d'âge mûr, loin du cliché de l'adolescent rivé à son écran.
Le patrimoine du jeu vidéo, una memoria da preserve
Sur le stand de l'association MO5, qui œuvre pour la préservation du patrimoine du jeu vidéo, une trentaine de titres anciens illustrent l'évolution des grandes sagas : Ace Combat, Metroid, Zelda. « Leur point commun, c'est que ces jeux ont été révolutionnaires à leur époque », affirme Nicolas Bernardino, membre de l'association.
Olivier Beaux, 45 ans, regarde son fils de 10 ans jouer au tout premier Pokémon, sorti en 1996 au Japon. « Ça fait bizarre de se dire que j'étais à sa place il y a 30 ans », souffle ce fan de Final Fantasy. Face aux mastodontes Roblox et Fortnite, plébiscités par les plus jeunes, il avoue : « j'essaye de l'orienter un peu ». Pour lui, les grandes sagas restent des références, des noms rassurants pour les parents.
Cette question du patrimoine, di u patrimoniu, nous parle ici plus qu'ailleurs. Une île sait ce que signifie garder la mémoire de ce qui l'a faite. Ce que MO5 fait pour les cartouches et les bornes d'arcade, d'autres le font pour les chants, la langue et les pierres. La transmission entre générations, u passameju di i sappori, se joue aussi devant un écran, père et fils manette en main. L'île a d'ailleurs ses propres structures qui œuvrent pour la culture numérique et la mémoire collective, et la démarche mérite d'être saluée.
Les remakes, une machine à nostalgie
Pour les studios et les éditeurs, la nostalgie est aussi un calcul économique. Face à une offre pléthorique, les figures connues attirent plus facilement les joueurs. Les remakes, versions remises au goût du jour d'anciens titres, donnent un coup de jeune aux catalogues.
« C'est aussi une demande des joueurs de pouvoir rejouer à des jeux dans lesquels ils ont vécu beaucoup d'émotions », souligne Marie-Sophie de Waubert de Genlis, directrice des studios du géant français Ubisoft. Son stand, où trône un imposant Rayman, propose un avant-goût de Rayman Legends Retold, refonte de l'opus sorti en 2013 et prévu pour la fin de l'année. « Certains parents veulent rejouer à ces jeux-là avec leurs enfants », poursuit-elle. « Le remake répond aussi à un besoin de nostalgie. Il y a une vraie demande. »
Là-dessus, il faut le dire franchement : Rayman est une mascotte française. U guccu hè francese, micca nostru. La Paris Games Week reste un rendez-vous parisien, métropolitain, avec ses grands studios de la métropole et sa logique de marché. Rien de méditerranéen là-dedans. Mais le phénomène qu'il révèle dépasse Paris : partout, les enfants des années 1980 et 1990 transmettent à leurs propres enfants ce qu'ils ont aimé. Cette transmission-là, nous la comprenons. Elle ressemble à celle des générations insulaires qui passent la langue, i canti è i riti, aux plus jeunes. Le fond est le même : on donne à ses enfants ce qui nous a formés.
Un secteur en pleine contradiction
Le paradoxe du salon, c'est que la demande des joueurs française est dynamique alors que les studios eux-mêmes traversent une violente crise économique, comme le rapporte Le Monde, qui ébranle même les champions du secteur. Ubisoft, pourtant présent en force avec Rayman, en sait quelque chose. La Paris Games Week, qui fête cette année ses quinze ans, propose aussi des rendez-vous pour tous les publics, dont la finale nationale du Trophée des Seniors Silver Geek le vendredi 23 octobre, qui mettra les joueurs seniors à l'honneur, selon Paris ZigZag. Des seniors joueurs : voilà qui confirme la tendance de fond.
Le reste du programme, les avant-premières et les bornes de démonstration, est détaillé dans la couverture du salon par Orange Actualités, que nous reprenons ici pour l'essentiel des faits et des témoignages.
FAQ
Quel est l'âge moyen des joueurs en France ?
L'âge moyen des joueurs en France est de 40 ans, selon une enquête du Sell et de Médiamétrie présentée mercredi 21 octobre 2026 à la Paris Games Week.
Quels anniversaires sont célébrés à la Paris Games Week 2026 ?
Le salon met à l'honneur les 40 ans de la série Zelda et les 30 ans de Rayman, deux sagas emblématiques des années 1980 et 1990.
Quelle part du public du salon est composée de familles ?
Les familles représentent entre 35 % et 40 % des visiteurs, selon Nicolas Vignolles, délégué général du Sell, l'organisateur du salon.
Quand sort le remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time ?
Le remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time est annoncé pour le 5 novembre 2026.
