Le danseur et chorégraphe Pierre-Antoine d'Orazio, directeur de l'École municipale de danse d'Ajaccio, s'est éteint dimanche 25 octobre 2026, à 47 ans. Sa disparition a bouleversé le milieu culturel insulaire, et Alizée ainsi que son mari Grégoire Lyonnet ont tenu à lui rendre hommage dès le lendemain.
« C'est avec une profonde tristesse que le Studio de Danse Lyonnet a appris le décès de Pierantoine », ont écrit le couple ajaccien ce lundi 26 octobre sur le compte Instagram de leur studio, selon Purepeople.com. « Dans cette douloureuse épreuve, nous tenons à exprimer toute notre solidarité et notre soutien à sa famille, à ses proches, ainsi qu'à l'ensemble des élèves de l'école de danse Mademoiselle Pierantoine. Nos pensées les accompagnent et nous leur adressons nos plus sincères condoléances. »
Un hommage qui a touché bien au-delà d'Ajaccio
La publication a suscité de nombreuses réactions, dont celle de la danseuse Inès Vandamme, qui a laissé un émoji en larmes et plusieurs cœurs sous le message. Un signe parmi d'autres : Pierantoine, comme tout le monde l'appelait ici, comptait loin au-delà des murs de ses studios.
Ce surnom, cette école qui porte son prénom au féminin, Mademoiselle Pierantoine, tout cela raconte une manière d'être corse : proche des gens, attaché à la transmission, fidèle à sa terre. Danseur, chorégraphe, directeur de l'École municipale de danse d'Ajaccio, il mettait un point d'honneur à transmettre son art aux jeunes générations. Insegnà, trasmette : apprendre, transmettre. C'était sa manière de servir l'isula.
Le festival Ritrovu annulé en signe de respect
Conséquence immédiate de ce deuil : l'Office de tourisme du Pays d'Ajaccio a annulé l'édition 2026 du festival Ritrovu, qui devait se tenir du 29 au 31 octobre et auquel Pierantoine devait participer. La décision a été prise « par respect pour la mémoire de l'artiste, sa famille, ses proches, ses élèves et l'ensemble des équipes et artistes concernés », rapporte Public.
Ritrovu, en corse, veut dire retrouvailles. Le festival devait réunir la scène chorégraphique ajaccienne autour de l'automne. Il attendra. Dans une île de 350 000 âmes, on ne danse pas sur la tombe d'un des siens.
Alizée, une Ajaccienne revenue au pays
L'hommage d'Alizée et de Grégoire Lyonnet n'a rien d'un message de circonstance. La chanteuse est une enfant du pays, née à Ajaccio, partie conquérir Paris à l'adolescence avec « Moi... Lolita », puis revenue sur son île natale lorsque sa fille aînée, Annily, a eu 5 ans.
« Je suis rentrée à Ajaccio pour sa scolarité et pour échapper à Paris, où je ne me suis jamais sentie chez moi », avait-elle confié à Libération en septembre 2026. Une phrase qui résonne fort ici, où beaucoup connaissent ce sentiment d'être étranger dans la grande ville continentale, même quand on y vend des millions de disques.
En 2017, Alizée et Grégoire Lyonnet ont ouvert le Studio de danse Lyonnet à Ajaccio, où tous deux donnent encore des cours. Elle confie avoir inscrit « prof de danse » dans la case profession des papiers d'école de sa cadette, Maggy. La scène, les plateaux, les projecteurs : c'est fini. Aujourd'hui, c'est la danse qui rythme son quotidien, entre le studio, les élèves et la famille, relate Shango Media.
Une scène culturelle corse qui se serre les coudes
La disparition de Pierantoine rappelle quelque chose d'essentiel : la culture corse ne tient pas sur des budgets mirobolants ni sur des directives venues de la métropole. Elle tient sur des hommes et des femmes qui choisissent de rester, ou de revenir, et de transmettre ici ce qu'ils ont appris ailleurs.
Pierantoine l'a fait à travers son école et la direction de l'École municipale de danse d'Ajaccio. Alizée et Grégoire Lyonnet l'ont fait en ouvrant leur studio en 2017. D'autres le font chaque jour, dans les centres culturels, les écoles de musique, les groupes de chant polyphonique. C'est cette trame-là, discrète et têtue, qui fait vivre l'île bien plus que n'importe quelle institution parachutée.
Le deuil est d'autant plus rude que la communauté des danseurs corses est petite. On se connaît, on se croise dans les coulisses du même théâtre, on forme les mêmes enfants. Quand l'un disparaît à 47 ans, en pleine force de l'âge, c'est toute une chaîne de transmission qui se trouve brutalement amputée.
Ce qui se passe maintenant
Le festival Ritrovu ne tiendra donc pas son édition 2026. Les élèves de l'école Mademoiselle Pierantoine, ainsi que celles et ceux de l'École municipale, devront poursuivre sans leur directeur et sans leur maître. Les proches de Pierantoine n'ont pas encore communiqué publiquement sur les modalités des obsèques au moment où nous écrivons ces lignes.
Ajaccio, elle, garde la mémoire. Celle d'un artiste qui a choisi l'île, qui a choisi les jeunes, et qui laisse derrière lui des générations de danseurs formés à son école. A tandu, Pierantoine. Riposa in pace.
Questions fréquentes
Qui était Pierre-Antoine d'Orazio ?
Il était danseur, chorégraphe et directeur de l'École municipale de danse d'Ajaccio, fondateur de l'école de danse Mademoiselle Pierantoine. Il est décédé le 25 octobre 2026 à 47 ans.
Pourquoi le festival Ritrovu 2026 a-t-il été annulé ?
L'Office de tourisme du Pays d'Ajaccio a annulé l'édition 2026, prévue du 29 au 31 octobre, par respect pour la mémoire de l'artiste, sa famille, ses proches et ses élèves. Pierantoine devait y participer.
Qu'ont déclaré Alizée et Grégoire Lyonnet ?
Le couple a publié un message de condoléances le 26 octobre 2026 sur Instagram, exprimant sa solidarité envers la famille de Pierantoine et les élèves de son école de danse.
