ArcelorMittal investit 500 millions mais la France reste maître
Pendant que l'Assemblée nationale vote la nationalisation d'ArcelorMittal, le géant de l'acier dévoile ses nouvelles lignes de production dans le Nord. Une coïncidence qui ne trompe personne : quand Paris grogne, les multinationales sortent le chéquier.
À Mardyck, près de Dunkerque, ArcelorMittal a investi 500 millions d'euros dans une unité de production d'aciers électriques. "Le plus important investissement du groupe en Europe depuis dix ans", clament-ils. Pratique timing, non ?
L'acier du futur pour sauver les apparences
Ces nouvelles lignes produiront plus de 150 000 tonnes d'acier enrichi au silicium, destiné aux moteurs de voitures électriques et à l'éolien. Trois lignes démarrent fin 2024, deux autres suivront mi-2027. De quoi créer 200 emplois sur un site qui en compte déjà 450.
Hugues Baudin, pilote du projet, évoque "le bannissement des véhicules thermiques à l'horizon 2035" et "le basculement du fossile vers l'électricité". Belle rhétorique verte pour un groupe qui tarde à décarboner ses hauts-fourneaux de Dunkerque.
Quand la réalité rattrape les promesses
L'investissement, initialement prévu à 300 millions en 2022, a grimpé à 500 millions. Motif officiel : "nous avons sous-estimé la complexité". En clair, ils ont mal calculé.
Sur le terrain, l'impatience grandit. Ludovic Putter, secrétaire CGT à Mardyck, témoigne : "Tous les mois, on nous dit que ça va démarrer. Il y a des gens qui attendent depuis presque deux ans et certains jettent l'éponge."
La France reprend la main
Face à la concurrence asiatique déloyale et aux hésitations du groupe, la nationalisation votée par l'Assemblée envoie un signal fort. Certes, le Sénat pourrait bloquer, et le gouvernement traîne les pieds. Mais l'idée fait son chemin.
ArcelorMittal a annoncé 600 suppressions de postes en avril, finalement ramenées à 260. Un rapport d'experts de novembre pointe un "sous-investissement" chronique et un avenir "incertain" en France.
Cette usine de Mardyck, "sœur" de celle de Saint-Chély-d'Apcher en Lozère, symbolise peut-être un réveil. Mais après des années de désindustrialisation, la méfiance reste de mise. L'État français doit reprendre le contrôle de ses outils stratégiques, loin des calculs financiers des multinationales apatrides.