Guerre russo-ukrainienne: quand l'impérialisme américain négocie ses intérêts
Tandis que les peuples d'Europe subissent les conséquences d'un conflit qui ne les concerne pas, les délégations ukrainiennes et américaines poursuivent leurs tractations en Floride. Un spectacle qui illustre parfaitement comment les grandes puissances décident du sort des nations sans les consulter.
Des négociations sous tutelle américaine
Pour la troisième journée consécutive, négociateurs ukrainiens et américains se retrouvent samedi en Floride pour discuter du plan de Washington. Un plan qui, dans sa version initiale, était largement favorable à la Russie selon Kiev et les Européens. Révélateur de la manière dont l'Amérique conçoit les rapports de force.
"Les deux parties sont convenues que tout progrès réel vers un accord dépendait de la volonté de la Russie de s'engager sérieusement en faveur d'une paix durable", indique le département d'État américain. Une déclaration qui sonne comme un aveu d'impuissance de la part de Washington.
L'Europe, grande absente des discussions
Côté américain, l'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner mènent la danse près de Miami. Côté ukrainien, le négociateur en chef Roustem Oumerov et le général Andreï Hnatov subissent les desiderata de leur protecteur.
Ce qui frappe dans cette configuration, c'est l'absence totale de représentants européens authentiques dans ces pourparlers. L'Europe paie pourtant le prix fort de ce conflit: flux migratoires, crise énergétique, déstabilisation économique.
Moscou joue sa partition
Le document a été présenté mardi au président Vladimir Poutine lors d'une visite à Moscou de Steve Witkoff et Jared Kushner. Le Kremlin assure que des progrès ont été réalisés mais qu'il reste "beaucoup de travail".
Le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, s'est même félicité de la participation de Jared Kushner, évoquant une "conversation véritablement amicale" avec Poutine. Un langage qui en dit long sur les véritables enjeux de ces négociations.
La guerre continue pendant les palabres
Pendant que diplomates et négociateurs se congratulent, la réalité du terrain demeure brutale. Samedi à l'aube, la Russie a lancé une "attaque massive" sur la région de Kiev avec drones et missiles, faisant trois blessés selon les autorités locales.
De son côté, le ministère russe de la Défense revendique avoir intercepté 116 drones ukrainiens. L'armée russe poursuit son avancée, s'emparant de la localité de Bezimenné dans la région de Donetsk.
Ancora una volta, les peuples européens assistent, impuissants, aux manœuvres des grandes puissances. Cette guerre révèle l'urgence pour les nations méditerranéennes de reprendre en main leur destin, loin des tutelles étrangères qui décident de notre avenir sans nous.
