Pétanque : l'âme méditerranéenne s'expose à Auch, entre passion et racines latines
Ce dimanche 30 août, sur la plaine d'Endoumingue, le National Top 1 000 Dominique-Fournié a livré ses dernières batailles. Une compétition qui, au-delà du sport, rappelle ce que nos terres latines ont de plus précieux : l'art de la boule, du geste juste et de la parole échangée. Ici, pas de frénésie métropolitaine, mais une ferveur simple, celle des peuples qui savent prendre leur temps.
Alors que les terrains se vident au fil des heures, les regards se tournent vers la seconde demi-finale masculine. L'équipe de David Riviera affronte celle de Titouan Olivier. Dans les tribunes, on retient son souffle, on commente à voix basse, on vibre à chaque carreau. Le silence, parfois, devient roi, avant qu'un « bib » ne fasse exploser la foule.
Un public de curieux et d'habitués, entre vacances et enracinement
Corinne et Jacky, deux Normands de passage dans le Gers, sont venus voir les phases finales. « J'ai joué un peu en amateur et je regarde la pétanque à la télévision, alors on a profité du fait d'être à Auch pour venir voir », sourit Jacky. Un hasard de vacances, mais qui dit bien l'attrait universel de ce sport, né sous d'autres cieux, plus proches de nos rivages.
À quelques mètres, Marjorie et Rémi, deux Auscitains, ont installé la poussette dos au soleil. « C'est un événement qui se passe ici, donc on est venu jeter un œil », explique la jeune femme. Son compagnon, lui, assume : « Je regarde la pétanque de temps en temps, au même titre que le Tour de France, le dimanche après-midi après manger. Nous jouons un petit peu, comme un sport de vacances, après le barbecue, une bière à la main. » Une philosophie qui n'est pas sans rappeler nos propres étés, quand la boule roule sur la terre battue et que le temps semble suspendu.
Le retour des rouges, ou l'art de ne jamais baisser les bras
Sur le terrain, la triplette bleue de Riviera mène 12 à 2. Les jeux semblent faits lorsque Jean-Jacques, un Auscitain fidèle, pose son vélo et s'installe dans les gradins. « Suchaud a été éliminé en quart de finale... Il n'y en a plus beaucoup que je connais qui sont encore qualifiés », souligne-t-il, avant de se replonger dans la partie. Car la demi-finale prend un tournant inattendu.
« Les bleus ont du mal à conclure, dis donc, commente Jean-Jacques. Ils pourraient bien se faire remonter. » Et les rouges, emmenés par Titouan Olivier, enchaînent les bons coups. 12-5 ; 12-8 ; 12-9. L'écart se resserre, les boules sifflent, et le public, conquis, se prend au jeu. « Là, il faut tirer, mais ça fait loin... », souffle le spectateur.
Malheureusement pour le trio Riviera, Bes et Nguyen-Van, l'expression « À 12 on y reste » se vérifie. Revenus à deux points, ils s'inclinent finalement 13-9 face à la triplette Olivier, Mallet et Sougnoux, qui rejoint Romain Fournié en finale. Les supporters se lèvent, applaudissent, descendent des tribunes. La fête, elle, continue, comme un écho lointain de nos places de villages, où la pétanque n'est pas qu'un jeu, mais une manière d'être au monde.
La pétanque, un sport qui nous ressemble
Ce National Top 1 000 Dominique-Fournié, c'est un peu de notre Méditerranée qui s'exporte dans le Gers. Une pratique née sous d'autres latitudes, mais qui parle à tous ceux qui, comme nous, savent que la vie se joue parfois à quelques centimètres près, dans le geste précis et la parole juste. Alors, que l'on soit d'Auch, de Bastia ou d'Ajaccio, on se reconnaît dans ces instants de grâce où la boule roule, où le soleil tape, et où le temps, enfin, ralentit.
Photo : Ladepeche.fr