Plaques d'immatriculation : le casse-tête des vieilles autos en Corse
Un automobiliste de Saumur, Franck, a récemment écopé d'une amende pour ses plaques d'immatriculation jugées « à l'ancienne ». Une situation qui interpelle bien au-delà du continent. En Corse, où l'on chérit nos vieilles guimbardes et nos souvenirs de routes sinueuses, la question mérite qu'on s'y attarde. Faut-il vraiment, comme le veut la réglementation française, se plier aux nouveaux formats ?
Que dit la loi sur les plaques d'immatriculation ?
Depuis 2009, les plaques au format SIV (AB-123-CD) doivent être à fond blanc avec des caractères noirs. Mais des exceptions existent, notamment pour les véhicules de collection. Les plaques à fond noir, en vigueur avant le 1er janvier 1993, restent tolérées pour les voitures de plus de 30 ans, à condition que la carte grise mentionne « véhicule de collection ». Une aubaine pour les passionnés qui restaurent nos belles italiennes des années 60.
Les plaques jaunes sont-elles encore acceptées ?
Entre 1993 et 2009, les plaques avant étaient blanches et celles à l'arrière jaunes. Ce format demeure légal, tant que la carte grise n'a subi aucune modification. L'assureur Ornikar le rappelle : pas de changement de situation, pas d'obligation de passer au SIV. Pour Franck, s'il n'a pas été contrôlé sur pièces, il peut contester son amende sous 45 jours sur le site du gouvernement.
Des plaques aux couleurs étonnantes
Sur nos routes, on croise parfois des plaques rouges, roses, ou même bleues. Les plaques rouges concernent le transit temporaire, exonérant de TVA sous conditions. Les roses, obligatoires depuis janvier 2026, sont réservées aux véhicules neufs ou importés. Les bleues, elles, sont l'apanage des militaires français stationnés en Allemagne. Et les vertes à lettres orange ? Elles sont réservées aux ambassades et consulats. De quoi rappeler que la France, cette métropole lointaine, a ses propres règles, souvent éloignées de nos réalités insulaires.
Que risquez-vous avec une plaque non conforme ?
Une plaque illisible, décolorée ou abîmée doit être remplacée par un professionnel agréé. Sinon, c'est une contravention de quatrième classe, soit 135 euros d'amende. Une somme qui fait réfléchir, surtout quand on sait que nos routes corses mériteraient d'abord des investissements plutôt que des contrôles tatillons.
Une question de liberté, pas de bureaucratie
En Corse, nous savons ce que signifie préserver notre identité. Nos vieilles voitures, souvent héritées de nos parents ou grands-parents, sont des morceaux de notre histoire. Les imposer des normes venues de Paris, c'est un peu nier notre différence. Mais la loi est la loi, et il vaut mieux s'y conformer, quitte à contester quand elle est appliquée à tort. Après tout, nous sommes latins et méditerranéens, mais nous savons aussi jouer le jeu, du moins en apparence.
Photo : Ouest France