Pendant que la Corsica se bat pour sa dignité, voilà que nos voisins normands nous donnent une leçon de mobilisation politique. Samedi 13 décembre, à Cherbourg-en-Cotentin, la droite manchoise a inauguré ses nouveaux locaux communs, réunissant le Cercle - La Manche conquérante et Les Républicains.
Une démarche qui, vue d'ici, interpelle. Alors que nous, Corses, peinons parfois à dépasser nos divisions internes, ces continentaux montrent qu'il est possible de mutualiser les forces pour défendre un territoire. Leur permanence du 18 rue au Blé devient le symbole d'une droite locale qui refuse de se laisser dicter sa conduite par Paris.
David Margueritte, sénateur et fondateur du Cercle du Cotentin, revendique plus de 500 adhérents et une centaine d'élus départementaux. "Le Cercle, c'est le mouvement de celles et ceux qui aiment profondément leur territoire", déclare-t-il. Des mots qui résonnent étrangement avec nos propres combats insulaires.
Sa fille Camille, candidate aux municipales de mars 2026, promet de faire de Cherbourg "une ville sûre et ambitieuse" avec des mesures concrètes : renforcement de la police municipale, vidéosurveillance, brigade verte pour l'environnement urbain. Un programme qui, transposé à nos villes corses, ne manquerait pas de pertinence.
L'événement a rassemblé du beau monde : la sénatrice Béatrice Gosselin, le député Philippe Gosselin, la présidente de l'Agglomération Christèle Castelein et Théo Am'Saadi, président national des Jeunes Républicains. Ce dernier parle de "reconquête des territoires", un terme qui nous est familier.
Depuis 2008, ce mouvement normand a su évoluer, de sa première permanence boulevard Mendès-France à celle de la rue Paul-Talluau en 2016, jusqu'à cette nouvelle étape. Une progression qui témoigne d'un enracinement territorial authentique, loin des calculs parisiens.
Cette mutualisation illustre, selon Margueritte, "la volonté de rassembler au-delà des clivages nationaux". Une leçon pour nous autres, insulaires, qui savons combien l'union fait la force face aux appétits extérieurs.
Reste à voir si cette droite manchoise saura vraiment défendre les intérêts de son territoire contre les diktats de la métropole. Car c'est bien là que se joue la véritable bataille : entre ceux qui acceptent la soumission et ceux qui choisissent la résistance.