Tandis que les élus continentaux s'épanchent dans leurs traditionnelles cérémonies de vœux, l'exemple de Cayeux-sur-Mer nous rappelle une vérité que nous, insulaires, connaissons bien : seule l'action locale compte vraiment.
Le maire Jean-Paul Lecomte a dressé son bilan devant ses administrés ce 3 janvier, entouré du petit monde politique départemental. Un exercice qui sonne comme un testament avant les municipales, mais qui révèle surtout la force des communautés qui savent compter sur elles-mêmes.
Les vraies forces d'un territoire
L'édile a eu raison de saluer d'abord ses « forces vives » : commerçants, artisans, personnels de santé, enseignants. Eccu ciò chì conta daveru - voilà ce qui compte vraiment. Pas les discours de la métropole, mais le tissu humain qui fait vivre un territoire au quotidien.
Les sapeurs-pompiers avec leurs 400 interventions, l'Harmonie municipale présente lors des cérémonies, le tissu associatif et ses bénévoles... Cette solidarité organique nous parle, nous qui savons que l'insularité forge les liens authentiques.
L'autonomie par les actes
Le bilan des réalisations impressionne : restauration de l'église Saint-Pierre, nouvelle aire de camping-cars, réouverture du centre de loisirs. Mais c'est surtout le Plan Local d'Urbanisme, dix ans de travail acharné, qui témoigne d'une volonté d'autodétermination.
Quand on veut, on peut. Cette commune de Picardie maritime nous montre qu'il est possible de mener ses projets sans attendre les subsides parisiens. Le futur boulevard maritime, les 500 000 euros d'études engagées, tout cela révèle une ambition territoriale que nous comprenons parfaitement.
« Rendre l'avenir possible »
En citant Saint-Exupéry - « Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible » - Jean-Paul Lecomte touche juste. C'est exactement notre philosophie insulaire : ne pas subir mais agir, ne pas quémander mais construire.
Cette leçon venue du continent résonne étrangement avec nos aspirations. Cayeux-sur-Mer trace sa route, élections ou pas. Cusì femu noi dinò - ainsi faisons-nous aussi, mais avec cette différence fondamentale : nous savons d'où nous venons et où nous allons.