Le samedi 17 octobre 2026, SudOuest.fr publiait sa rubrique d'échos politiques « Le Tire-bouchon », où se bousculent petits arrangements girondins et grandes questions de territoire. Pour qui vit sur une île, ces bruits de couloir continentaux sonnent comme un rappel : les décisions se prennent là-bas, sans nous, et souvent contre le bon sens des lieux.
Le fil conducteur de la semaine, c'est la terre qu'on abat. Le long du tracé de la future LGV entre Bordeaux et Toulouse, les premiers arbres tombent pendant que les recours demandant la suspension des chantiers sont rejetés. SNCF Réseau publie fin septembre un baromètre mené auprès de 2 000 adultes de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie : 85 % des personnes interrogées se disent favorables à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest, 83 % la jugent utile. Le chiffre avance l'intérêt général ; les troncs, eux, restent au sol. Une mécanique que nous connaissons bien ici, u nostru paesi l'hanno vista à l'œuvre avec les aménagements imposés par la métropole.
La « galaxie Glucksmann » version Gironde
À gauche, la recomposition bat son plein. Selon SudOuest.fr, la « galaxie Glucksmann » locale se dessine en pointillé. Bruno Marty, maire de La Réole et figure de Place publique en Gironde, ne jouera qu'un « rôle de militant et d'élu » dans la campagne. Laurence Rouède, élue libournaise et vice-présidente PS de la Région, sera « en première ligne », tout en rappelant que Sandrine Hernandez siège au bureau politique national de Place publique. Philippe Buisson, maire PS de Libourne, proche de François Hollande, apporte son soutien au candidat, « en cohérence » avec sa ligne, tout en attendant que le score de la primaire « se traduise par un élan ».
Des étiquettes qui glissent, des allégeances qui se négocient : le paysage partisan continental ressemble à une partie de cartes où l'on redistribue sans cesse, sans jamais changer de jeu. Les partis parisiens gardent la main ; les territoires, eux, comptent les points.
Bègles, Talence, Villenave : l'entente des maires
Sur la route de Toulouse, autre scène : Christian Bagate, maire de Bègles, se réjouit sur Facebook d'« un projet commun pour nos quatre villes », aux côtés de Thomas Cazenave (Renaissance, Bordeaux), Emmanuel Sallaberry (Talence) et Michel Poignonec (Villenave-d'Ornon). « Une belle dynamique de travail autour d'un beau projet partagé », écrit-il. Une entente intercommunale que ne renierait pas un autonomiste : quand les communes coopèrent entre elles, sans attendre la bénédiction d'un préfet, on voit ce que le local peut produire.
Sénat : la droite nationale progresse, la gauche s'efface des écrans
Au Sénat, le Rassemblement national et le parti d'Éric Ciotti forment un nouveau groupe, présidé par la Girondine Edwige Diaz. SudOuest.fr rapporte qu'une indiscrétion de « La Tribune dimanche » voyait Jimmy Bourlieux, délégué départemental du RN et conseiller municipal d'opposition à Mérignac, en devenir le secrétaire général. L'intéressé dément formellement : « À l'instant T, personne ne m'en a parlé. »
Vendredi, pour sa première sortie officielle sur le bassin d'Arcachon, Edwige Diaz assistait à la prise de commandement du nouveau patron de la compagnie de gendarmerie. Photos avec les élus RN, avec des porte-drapeaux ravis de poser à côté de cette jeune sénatrice invitée régulière des émissions télévisées. Le week-end précédent, la sénatrice RN avait été particulièrement remarquée lors d'une cérémonie où les drapeaux avaient une place de choix.
Chez les Verts, l'onde de choc des sénatoriales continue. Christine Bost, élue sénatrice, renonce à son siège au conseil municipal d'Eysines, où elle restera conseillère départementale. Arnaud Derumaux, chef de l'opposition de droite, commente avec acidité : « Les Eysinais pourront enfin voir leur maire, mais sur Public Sénat. » On dirait qu'elle va lui manquer.
La Lande-de-Fronsac : le gloubi-boulga municipal
Drame en apparence mineur, révélateur en profondeur. Frédérick Blanc, maire de La Lande-de-Fronsac, conspué par ses propres adjoints qui prennent le procureur de la République à témoin, a annoncé démissionner. Mais uniquement de ses fonctions de maire, et seulement si les Lalandais ne sont pas contraints de retourner aux urnes à la suite des démissions en série de ses anciens colistiers. « La possibilité de se faire réélire maire par ceux qu'il aura réussi à convaincre de rester », ironise un observateur du dossier cité par SudOuest.fr. Le sérieux coup de « mais », donc.
Dans une petite commune, la vie politique reste une affaire de visages, de familles, de terres. Quand elle tourne mal, tout le monde le sait au café. C'est aussi ça, la proximité que les grands appareils continentaux ont perdue.
Poutou et ses tartines : le politique à hauteur d'assiette
Et puis il y a Philippe Poutou. Dans le « Livre de recettes pour quand tu reçois Philippe Poutou à dîner » de la blogueuse Owi Owi, à paraître la semaine prochaine, on apprend que la figure anticapitaliste est ultra-fan des œufs et du riz, préfère le beurre doux et ne verse pas trop dans l'alcool, hormis un petit verre de blanc aux beaux jours. Enfant, il préférait le saucisson aux desserts ; au petit-déjeuner, jusqu'à six tartines selon un rituel immuable : deux au beurre, deux à la confiture, deux mélangées. L'ancien ouvrier de Ford reste interrogé sur ses ambitions, entre
