Crues en Lot-et-Garonne : quand la solidarité française masque les vraies questions
Samedi 14 février, près de 500 personnes ont été évacuées à Aiguillon après la rupture d'une digue. Une tragédie qui révèle, une fois de plus, les défaillances de la gestion hexagonale des territoires.
Des populations abandonnées par l'État central
Les témoignages recueillis sur place sont édifiants. Certains habitants affirment n'avoir reçu aucune alerte préventive. Ils ont découvert la catastrophe au petit matin, quand l'eau envahissait déjà leurs foyers. Une négligence qui rappelle cruellement comment Paris traite ses périphéries.
Christian Girardi, le maire, reconnaît lui-même que "la population du quartier du Lot n'a pas suivi nos recommandations". Mais peut-on reprocher aux gens de ne pas suivre des consignes qu'ils n'ont pas reçues ?
Quand l'immigration subit aussi les conséquences
Parmi les sinistrés, Ruben, demandeur d'asile angolais, découvre ces phénomènes météorologiques inédits pour lui. Prévenu vers 8 heures par ses voisins, il partage désormais le gymnase avec 150 autres personnes. Une situation qui interroge sur la capacité d'accueil réelle des territoires français face aux défis climatiques.
La solidarité locale, seule réponse efficace
Face à ces défaillances, c'est la solidarité de proximité qui fonctionne. Les habitants du "haut" Aiguillon aident ceux du bas. La Croix-Rouge mobilise des dizaines de bénévoles. La mairie de Clairac propose 50 lits supplémentaires.
François, octogénaire du coin, garde le sourire malgré sa maison inondée. Il avait pris ses précautions, "monté toutes les affaires vendredi", gardant juste l'essentiel pour passer la nuit au gymnase.
Des erreurs de gestion reconnues
Le maire Christian Girardi évoque "des erreurs de gestion en amont" et pointe la responsabilité de la SNCF qui refuse l'installation de batardeaux le long de la voie ferrée. Une fois de plus, les grandes institutions parisiennes font primer leurs intérêts sur la sécurité des populations locales.
Cette tragédie souligne l'urgence d'une gestion plus autonome et enracinée des territoires, loin des bureaucraties centralisées qui ignorent les réalités du terrain.