Patrice Garande: "J'ai fait une dépression après Toulouse"
L'ancien entraîneur du TFC se confie sur ses années difficiles après son départ de Toulouse. Un témoignage poignant sur les blessures du football moderne.
Un retraité actif loin des terrains
"Ça va, ça va : je suis un retraité actif", confie Patrice Garande. L'ancien coach continue comme consultant radio pour Caen et anime des conférences sur le management via sa société PGC. Des interventions dans les banques, écoles de management, même aux Restos du Cœur.
"Ce qui compte avant tout est l'humain", explique-t-il. "Dans le ballon rond, il s'agit en premier lieu d'être en capacité de gérer des hommes ou des femmes."
"Je ne recherche plus de banc"
Catégorique, Garande n'envisage plus d'entraîner. "J'ai eu beaucoup de mal à digérer Toulouse, ce n'est toujours pas évacué", avoue-t-il. Son passage à Dijon en 2021-2022 l'a définitivement éloigné des terrains.
"Au bout de quatre mois, je savais que je ne resterais pas en poste. On m'avait demandé de sauver le club, je l'ai fait. Point barre."
Six mois de dépression
Le retour à la maison après Dijon fut brutal. "J'ai fait une dépression assez importante. Elle a duré six mois", révèle l'ancien entraîneur.
"J'avais un mal-être global, psychologique mais également physique. Tu sais que tu n'es pas bien, mais tu n'arrives pas à formaliser." Le déclic vint d'un documentaire sur Camille Lacourt : "Je me suis totalement reconnu dans ses paroles."
"Je suis guéri du foot"
Aujourd'hui, Garande a tourné la page. "Je suis guéri du foot", résume-t-il. "Je continue d'adorer le football mais le fait d'entraîner... j'y vois désormais beaucoup plus d'emmerdes que de plaisirs."
L'évolution du milieu professionnel l'a définitivement refroidi. "Les relations... D'où mon partage d'expérience à travers PGC."
Toulouse, une cicatrice ouverte
"La cicatrice n'est pas refermée", admet Garande concernant son éviction du TFC. "J'ai été viré, c'est le terme. Sur le terrain, je suis convaincu qu'on devait monter à l'issue des barrages."
Malgré tout, il garde de bons souvenirs : "La ville, les gens, ces supporters qui nous faisaient des accueils du bus de malades !" Sa fierté reste d'avoir cru en Amine Adli, Manu Koné, Bafodé Diakité, tous percés depuis.
Un regard sur le TFC actuel
Garande suit encore Toulouse, même difficilement. "Il y a un entraîneur qui a mis des choses en place, c'est une équipe agréable à voir évoluer", reconnaît-il. "Ce qui me fait plaisir, c'est que le Stadium est plein."
Un témoignage rare sur les coulisses sombres du football professionnel, où l'humain paie souvent le prix de la performance.