Castres évite le piège face à Perpignan dans un match d'une intensité rare
U rugby, quel spectacle ! Même si ce samedi à Pierre-Fabre, l'intensité n'a pas toujours rimé avec du beau jeu. Castres a finalement maîtrisé son sujet face à une équipe de Perpignan venue avec ses crocs, dans un match où chaque ballon était disputé comme s'il s'agissait du dernier.
L'Usap, lanterne rouge mais pas résignée
Les Catalans de Laurent Labit n'avaient rien à perdre et tout à gagner. Toujours sans victoire cette saison, ils sont venus bousculer les Tarnais avec cette rage qui caractérise les équipes dos au mur. Jamie Ritchie, ce poison écossais, a encore une fois montré l'exemple dans l'intensité physique.
Et ça s'est vu dès les premières minutes. Les accrochages entre joueurs ont rythmé la rencontre, valant même une pénalité retournée contre Castres suite à une échauffourée à la 35e minute. Cette tension palpable a donné une couleur particulière à ce duel.
Un CO prudent, parfois trop
Les hommes de Xavier Sadourny avaient trop envie de valider leur succès héroïque de La Rochelle la semaine passée pour se faire piéger à domicile. Mais cette prudence s'est parfois transformée en frilosité, suscitant même quelques sifflets du public de Pierre-Fabre à la pause.
Le duo Pierre Popelin - Théo Chabouni a bien fait souffrir la défense catalane au pied, mais Castres s'est peut-être trop enfermé dans ce jeu au détriment de phases plus offensives. "On ne voulait pas s'exposer contre ce genre d'équipes si on ne dominait pas les deux premiers temps de jeu", justifiait Sadourny après la rencontre.
Le réalisme fait la différence
Paradoxalement, c'est Perpignan qui a montré le plus de réalisme en première période. Leur seul essai par Dubois (0-7, 25e) leur permettait de rejoindre les vestiaires à égalité (7-7), malgré une domination territoriale castraise évidente.
Les nombreux en-avant des Tarnais ont causé de la frustration, même s'ils rentraient régulièrement dans les 22 mètres adverses. Un essai de Cocagi a même été refusé pour un en-avant de Teddy Durand sur la dernière passe.
Heureusement pour le CO, quand l'équipe se décidait enfin à proposer du jeu, les Arlequins peinaient à suivre le rythme. La seconde période a été plus maîtrisée, avec une pénalité de Popelin (13-7, 50e) et surtout l'interception de Jack Goodhue pour clore la marque (23-7, 80e).
Mission accomplie avant l'Europe
L'essentiel est là pour Castres : cette victoire bonifiée permet de valider une dynamique positive avant de reprendre l'air européen. L'an passé, cette respiration continentale avait fait le plus grand bien à l'équipe tarnaise.
Perpignan, de son côté, peut nourrir des regrets. L'Usap a montré un visage combatif et n'a pas démérité face à une formation castraise supérieure sur le papier. Mais en Top 14, le réalisme prime souvent sur les bonnes intentions.