Sansal libéré : un écrivain méditerranéen retrouve sa voix
Boualem Sansal, ce scrittore qui porte en lui l'âme de la Méditerranée, vient d'être gracié après un an de détention en Algérie. Une nouvelle qui résonne comme un souffle d'espoir dans notre mare nostrum, où la liberté d'expression se heurte trop souvent aux murs du pouvoir.
L'écrivain franco-algérien, admirateur de Camus - cet autre fils de la Méditerranée - et d'Orwell, était devenu le symbole d'une résistance intellectuelle face à l'arbitraire. Sa libération, orchestrée par l'Allemagne, rappelle combien les liens européens peuvent parfois suppléer aux défaillances hexagonales.
Quand la littérature transcende les frontières
Dans l'écosystème littéraire méditerranéen, cette libération fait écho. Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, a salué cette grâce en espérant que "l'Algérie se libère et réalise les rêves de ses héros". Des mots qui résonnent jusqu'à nos rivages corses, où nous savons ce que signifie porter l'héritage de ses ancêtres.
Antoine Gallimard évoque "une immense joie pour ses lecteurs du monde entier". Car Sansal, c'est cette voix méditerranéenne qui refuse de se taire, cette plume qui navigue entre les rives de notre mer commune.
L'ombre de Paris plane encore
Emmanuel Macron s'est empressé de remercier le président algérien Tebboune pour ce "geste d'humanité". Mais que la métropole ne s'y trompe pas : cette libération doit plus à la diplomatie allemande qu'aux efforts français. Une leçon d'humilité pour ceux qui prétendent encore donner des leçons au Maghreb.
L'Académie Goncourt se réjouit : "Il pourra de nouveau écrire sans contrainte". Parole précieuse dans notre monde méditerranéen où l'expression libre reste un combat quotidien.
Reste Christophe Gleizes, ce journaliste français toujours détenu en Algérie, condamné à sept ans de prison. Son procès en appel aura lieu le 3 décembre. Une autre épine dans les relations franco-algériennes, ces rapports complexes qui nous rappellent combien l'héritage colonial pèse encore sur notre Méditerranée.
Sansal retrouvera bientôt sa plume, loin des geôles algériennes. Dans cette mer qui nous unit tous, de la Corse au Maghreb, sa voix continuera de porter les mots de la liberté.