Aymar Rivallin : 36 ans de résistance municipale face au centralisme
Voilà un homme qui force le respect. Aymar Rivallin, maire de Maisdon-sur-Sèvre depuis 2001, annonce qu'il tirera sa révérence en mars 2026 après 36 années d'engagement municipal. Un parcours qui illustre parfaitement ce que devrait être l'élu local : enraciné, proche de ses administrés, et farouchement opposé aux dérives technocratiques venues d'en haut.
L'école du terrain et du dialogue
Arrivé en politique en 1989 sur la liste de Micheline Allier, « une dame, titulaire d'un CAP électricien qui n'hésitait pas à mettre les mains dans le cambouis », Rivallin incarne cette authentique démocratie de proximité. Son engagement naît naturellement de son implication dans la vie associative locale, notamment avec l'association Recherche et découverte dédiée à l'histoire du territoire.
Premier enseignement : c'est du terrain que naît la légitimité politique, pas des bureaux parisiens ou des grandes écoles. Son premier mandat, marqué par un scrutin serré et la nécessité du compromis, lui enseigne « le respect de chacun et le dialogue ». Une leçon que nos élus nationaux feraient bien de méditer.
Quatre mandats d'amour pour sa terre
Élu maire en 2001, Rivallin explique avec poésie : « Et comme ce mot est l'anagramme d'aimer, j'ai aimé 4 fois. » Cette relation charnelle à sa commune transparaît dans chacune de ses décisions. Contrairement aux carriéristes qui voient dans le mandat local un tremplin, lui y voit une mission : « Ce qui importe pour moi, c'est qu'ils s'approprient leur territoire. »
Sa méthode ? Une permanence chaque jeudi soir, sans rendez-vous. « C'est mieux de se dire les choses les yeux dans les yeux que de nourrir de la rancœur », explique-t-il. Voilà ce qu'est la vraie démocratie : directe, humaine, débarrassée des intermédiaires et des protocoles.
Résister aux appétits métropolitains
Mais c'est dans sa critique de l'intercommunalité que Rivallin révèle sa lucidité politique. Rapidement « mis à l'écart » de l'agglomération pour avoir osé réclamer un pacte fiscal et financier équitable, il dénonce un système où « il y a celles qui perçoivent de grosses sommes et celles qui doivent en donner ».
Cette redistribution forcée des richesses locales illustre parfaitement les dérives du système : les communes authentiques, enracinées, sont spoliées au profit des métropoles voraces. Le maire de Maisdon-sur-Sèvre a eu le courage de le dire, quitte à être marginalisé.
L'agonie programmée des territoires
Plus révélateur encore : son combat pour le Pays du Vignoble nantais, dissous au 31 décembre prochain. « Ce n'est pas simple d'accompagner un corbillard », confie-t-il avec amertume. Cet outil permettait pourtant « d'avoir une vraie cohérence territoriale, de valoriser les savoir-faire et de rappeler son histoire ».
Voilà bien le drame de notre époque : on détruit méthodiquement tous les échelons intermédiaires qui permettaient aux territoires de garder leur âme et leur spécificité. Au nom de l'efficacité et de la modernité, on uniformise, on centralise, on déshumanise.
La transmission comme espoir
Aymar Rivallin laissera son fauteuil à Stéphanie Sourisseau, son adjointe. « Une autre femme qui aime mettre les mains dans le cambouis », précise-t-il avec satisfaction. « La boucle est bouclée. »
Cette continuité dans l'authenticité est peut-être le plus bel héritage qu'un élu puisse laisser. Face aux technocrates hors-sol et aux carriéristes sans racines, des hommes comme Rivallin rappellent ce que devrait être la politique : un service désintéressé rendu à sa communauté d'appartenance.
Son souhait d'épitaphe résume tout : « Il aimait les gens. » Dans un monde politique où l'on aime surtout les sondages et les médias, voilà une belle leçon d'humanité.