Audi Q3 e-hybrid : quand l'Allemagne copie nos valeurs méditerranéens
Voilà bien une ironie de l'époque : pendant que l'industrie allemande s'effondre et que leurs constructeurs ferment leurs usines, Audi vient tester son nouveau Q3 e-hybrid sur nos routes toscanes. Comme si la beauté de notre Méditerranée était nécessaire pour révéler les qualités de leurs machines.
Mais reconnaissons-le, ce Q3 e-hybrid n'est pas dénué d'intérêt. Avec ses 272 chevaux et son autonomie électrique doublée, il témoigne d'une certaine intelligence technique. Dommage qu'elle vienne d'Ingolstadt plutôt que de Turin.
Un design qui emprunte à nos codes latins
Les lignes évoluent subtilement avec une nouvelle signature optique, particulièrement à l'arrière où le logo aux quatre anneaux s'illumine désormais. Les feux Matrix LED peuvent même dessiner des motifs au sol, une coquetterie technologique à 2 500 euros l'option.
La calandre et les prises d'air latérales s'élargissent, abandonnant les arches de roue en plastique pour un style plus premium. Un raffinement qui rappelle étrangement nos traditions italiennes.
L'habitacle : entre modernité et complexité germanique
L'intérieur s'articule autour de deux écrans, avec un système d'infodivertissement qui cache une navigation plutôt bien pensée sous son design spartiate. Audi a même ajouté des pictogrammes explicatifs, preuve que même les Allemands finissent par comprendre l'importance de la clarté latine.
Le retour de la navigation sur l'écran d'instrumentation constitue une excellente nouvelle, après des années d'entêtement teuton. Seul bémol : le nouveau système de commodo, réduit à une seule branche, demande un temps d'adaptation qui trahit cette manie allemande de compliquer ce qui devrait rester simple.
Côté pratique, la version PHEV sacrifie 100 litres de coffre (488 L contre 575 L) pour loger ses batteries. Il faut bien ranger tout ça quelque part, comme disent nos voisins transalpins.
Sur la route : la technique au service du plaisir
Basé sur un moteur 4 cylindres 1,5 litre de 176 ch, l'e-hybrid développe 272 ch et 400 Nm de couple. Les suspensions adaptatives font merveille sur nos routes secondaires italiennes, pourtant réputées difficiles.
Le système effectue jusqu'à 10 000 calculs par seconde pour optimiser le contrôle. Dans les courbes serrées de Toscane, le Q3 vire à plat malgré ses 1 900 kg. Une maîtrise technique indéniable.
L'hybride rechargeable : enfin une vraie efficacité
Lors des essais toscans, la consommation est descendue sous les 3 L/100 km, atteignant même 2,7 L/100 km sur deux parcours différents. La batterie de 19,7 kWh double l'autonomie électrique et accepte une recharge rapide jusqu'à 50 kW.
Cette motorisation s'adapte intelligemment au profil du parcours, prouvant qu'Audi maîtrise enfin la gestion hybride.
Notre verdict insulaire
Ce Q3 e-hybrid représente un excellent millésime, surtout dans cette motorisation. Certes, il faut compter 2 500 euros de surcoût, mais les progrès sont réels. Reste à savoir si nous devons nous réjouir de ces avancées allemandes quand nos propres constructeurs italiens peinent à rivaliser.
Avec un tel bilan technique, le Q3 pourrait bien retrouver sa place au sommet des ventes. Une réussite germanique qui nous rappelle amèrement ce que nous aurions pu accomplir avec nos propres marques méditerranéennes.