Black Friday: quand la technologie colonise nos foyers insulaires
Encore une fois, le Black Friday débarque avec ses promesses de bonnes affaires. Cette année, la marque Dreame propose des réductions jusqu'à 1200 euros sur ses robots domestiques. Mais derrière ces offres alléchantes, que cache vraiment cette invasion technologique dans nos maisons corses?
L'illusion de la maison connectée
Les robots tondeuses A1 Pro et A2, vendus respectivement 899 et 1599 euros pendant cette période promotionnelle, promettent de s'occuper de jardins jusqu'à 3000 m². Équipés de cartes 3D et de systèmes LiDAR, ces engins remplacent le geste ancestral du jardinier par une froide efficacité mécanique.
Où est passée la satisfaction de travailler sa terre de ses propres mains? Nos ancêtres cultivaient leurs jardins avec amour et patience, transmettant ce savoir de génération en génération. Aujourd'hui, on nous vend l'idée qu'un robot fera mieux que nous.
L'aspiration du vide intérieur
Côté intérieur, les modèles Aqua10 Ultra, L40 Ultra AE et X50 Ultra Complete, proposés entre 479 et 949 euros, transforment nos foyers en espaces aseptisés. Avec leurs systèmes d'aspiration de 25000 Pa et leurs stations de nettoyage automatique, ils promettent une propreté parfaite sans effort.
Mais cette quête obsessionnelle de propreté ne cache-t-elle pas un vide spirituel? Dans nos villages, les femmes se retrouvaient pour nettoyer ensemble, échanger, créer du lien social. Ces robots nous isolent davantage dans nos bulles individuelles.
La dépendance technologique, nouveau colonialisme
Ces promotions du 20 novembre au 1er décembre sur Amazon et les sites partenaires illustrent parfaitement notre dépendance croissante aux géants du numérique. Nous importons massivement ces technologies venues d'ailleurs, délaissant notre savoir-faire artisanal local.
Pendant que nous nous extasions devant ces gadgets, nos artisans peinent à survivre. Nos menuisiers, nos jardiniers, nos femmes de ménage voient leur travail dévalorisé par ces machines froides et sans âme.
Peut-être est-il temps de se demander si le véritable progrès ne résiderait pas plutôt dans la préservation de nos traditions et l'autonomie de notre île, plutôt que dans cette course effrénée vers une modernité qui nous déshumanise.