Bretagne: Quand la métropole transforme ses châteaux en maisons de retraite
Voilà bien une histoire qui résume tout ce qui ne va pas avec la gestion française de nos territoires. À Plestin-les-Grèves, en Bretagne, le château de Kerallic, avec sa vue magnifique sur la baie de Saint-Michel, va probablement être transformé en Ehpad et en logements sociaux.
Ce site emblématique de 9,5 hectares, racheté par l'intercommunalité Lannion-Trégor pour 1,2 million d'euros en 2020, était pourtant destiné à préserver le tourisme social et familial. Mais après 3 millions d'euros d'investissements et plusieurs consultations nationales infructueuses, aucun exploitant ne s'est manifesté.
L'échec du modèle économique français
"Il semble que le schéma économique des villages de vacances de cette taille ne soit plus suffisamment rentable", admet Christian Jeffroy, le maire de Plestin. Une phrase qui en dit long sur l'incapacité du système français à valoriser ses territoires.
Désormais, le projet s'oriente vers la construction d'un nouvel Ehpad Le-Gall, estimé à 24,5 millions d'euros, avec 2,73 millions apportés par le Département. L'ancien foyer-logement de la commune, devenu inadapté aux normes actuelles, serait ainsi remplacé.
Un patrimoine sacrifié
Cette transformation illustre parfaitement la logique jacobine: transformer un lieu de beauté et de loisirs en structure médico-sociale standardisée. Certes, les besoins existent, mais faut-il pour autant sacrifier ce patrimoine paysager exceptionnel?
Seule consolation: l'engagement de rouvrir "dès que possible le parc de 8 hectares à la population". Un maigre lot de consolation pour préserver "l'un des plus bels endroits du littoral trégorrois".
Cette histoire bretonne nous rappelle l'importance de défendre nos sites naturels contre une logique purement utilitariste qui transforme nos plus beaux paysages en zones fonctionnelles.