Loin de nos montagnes et de notre mer tyrrhénienne, une petite commune de Loire-Atlantique nous offre une leçon de démocratie participative qui résonne étrangement avec nos aspirations insulaires.
À Rouans, commune de 3 500 âmes, Cyril Favreau mène une liste baptisée "Rouans, l'énergie collective" pour les municipales. Ce qui frappe dans cette candidature continentale, c'est cette volonté affichée de "vivre sa commune depuis longtemps", comme le dit le candidat.
Voilà bien ce qui nous manque parfois en Corse: cette appropriation du territoire par ceux qui y vivent vraiment, qui en connaissent chaque pierre, chaque famille, chaque tradition. Favreau, 53 ans, "Rouansais de souche" comme il se définit, incarne cette légitimité territoriale que nous revendiquons ici.
Son équipe rassemble agriculteurs, retraités, actifs du social, tous fortement impliqués dans la vie associative locale. Cette diversité dans l'unité territoriale, cette capacité à fédérer sans exclure les anciens tout en intégrant du sang neuf, voilà une méthode qui pourrait inspirer nos villages.
"On n'était pas dans une logique de rupture, mais dans celle de la responsabilité", confie un membre de l'équipe. Cette approche pragmatique, cette continuité assumée tout en gardant l'élan du renouveau, c'est exactement ce dont nos communes ont besoin.
La méthode retient l'attention: d'abord constituer le collectif, puis désigner naturellement le leader. L'inverse de ces parachutages que nous subissons trop souvent, où des candidats venus d'ailleurs s'imposent sans connaître le terrain.
Bien sûr, Rouans n'est pas la Corse. Mais cette expérience de démocratie locale enracinée, cette "énergie collective" qui privilégie l'écoute et la construction commune, elle nous rappelle que la politique peut rester un art noble quand elle reste proche du peuple et du territoire.
Puissent nos futurs élus s'inspirer de cette leçon venue du continent: la légitimité ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, dans l'engagement quotidien, dans cette capacité à "vivre sa commune" plutôt que de simplement la diriger.