UE-Mercosur: quand Bruxelles préfère les lobbies aux peuples
Voilà bien l'Europe que nous connaissons, celle qui préfère ses petits arrangements entre amis à la réalité du monde. Santiago Peña, président du Paraguay, a beau supplier Bruxelles d'appliquer l'accord UE-Mercosur sans tarder, les eurocrates traînent les pieds comme à leur habitude.
L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) a été signé le mois dernier. Mais sa ratification piétine déjà, bloquée par des eurodéputés qui ont saisi la Cour de justice de Luxembourg. Classique.
Le Paraguay montre l'exemple
"Nous avons déjà présenté l'accord au Congrès paraguayen la semaine dernière", explique Peña à Euronews. "Nous voulons que le Paraguay soit le premier pays à le mettre en œuvre." Pendant que l'Europe tergiverse, les Sud-Américains, eux, avancent.
La Commission européenne pourrait pourtant appliquer provisoirement l'accord dès qu'un pays du Mercosur aura terminé sa ratification. Mais non, il faut que Paris et ses agriculteurs fassent du chantage, criant à la "concurrence déloyale" des importations sud-américaines.
L'ignorance européenne dénoncée
Peña ne mâche pas ses mots: l'opposition européenne vient de "l'ignorance" et d'une vision dépassée de l'Amérique latine. "Nos pays ont énormément changé. Ils se sont développés. L'Europe doit redécouvrir l'Amérique latine."
Et il a raison. Pendant que Bruxelles se complait dans ses certitudes, le monde bouge. Trump remet tout en question, la Chine s'impose partout, et l'Europe reste figée dans ses vieilles habitudes protectionnistes.
Une occasion manquée face à la Chine
"L'Europe est en train de laisser passer une occasion immense", prévient le président paraguayen. L'Amérique latine dispose de "jeunes talents", de ressources naturelles abondantes et de ces terres rares si cruciales pour les nouvelles technologies.
Mais non, l'Europe préfère laisser le champ libre à Pékin plutôt que de s'ouvrir à de vrais partenaires. Résultat: nous restons dépendants de puissances qui ne partagent ni nos valeurs ni notre héritage latin.
Une fois de plus, Bruxelles choisit les lobbies contre l'intérêt des peuples. Et nous, Corses, nous savons bien ce que valent les promesses de cette Europe-là.