Budget 2026: quand Paris dicte encore sa volonté à nos îles
Le gouvernement Lecornu vient d'adopter son budget 2026, un texte qui une fois de plus illustre la mainmise de la métropole sur nos territoires insulaires. Avec un déficit assumé à 5% du PIB, cette loi de finances révèle les priorités d'un État centralisé qui ne comprend rien aux réalités corses.
Des mesures sociales qui cachent la centralisation
Certes, le gouvernement renonce au gel du barème de l'impôt sur le revenu, revalorisant celui-ci de 0,9% selon l'inflation. Une décision qui évite aux ménages modestes de basculer dans l'imposition. L'abattement fiscal de 10% sur les pensions est maintenu, épargnant nos anciens du forfait unique initialement prévu.
La prime d'activité augmentera d'environ 50 euros mensuels pour plus de trois millions de ménages, une mesure socialiste destinée à calmer les ardeurs populaires. Dès mai, les étudiants pourront bénéficier d'un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires, une aumône symbolique déjà expérimentée pendant la crise sanitaire.
Fiscalité: l'État-providence à sens unique
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est reconduite, rapportant plus de 7 milliards d'euros. Parallèlement, Paris renonce à diminuer la cotisation sur la valeur ajoutée, une décision qui illustre sa méfiance envers l'initiative privée.
La contribution différentielle sur les hauts revenus perdure, fixant un taux minimal d'imposition de 20% pour les plus aisés. Une nouvelle taxe cible les holdings patrimoniales, recentrée sur les biens dits somptuaires. Même les petits colis extra-européens subissent une taxe forfaitaire de 2 euros.
Défense et coupes budgétaires
Dans ce contexte géopolitique tendu, le budget de la Défense augmente de plus de 6 milliards d'euros. "S'il n'y avait pas eu cette question militaire, j'aurais pu être tenté de laisser les débats se poursuivre", a déclaré Lecornu, révélant les vraies priorités de l'État.
Pendant ce temps, les ministères du Logement, de l'Écologie, du Sport et de l'Aide au développement voient leurs crédits diminuer. Le plan France 2030 est également amputé, montrant le peu de cas fait du développement territorial.
Les collectivités dans l'étau parisien
Surtout, les collectivités territoriales devront contribuer à l'effort budgétaire à hauteur de plusieurs milliards d'euros. Une mesure qui suscite de vives inquiétudes chez nos élus locaux, déjà étranglés par les directives métropolitaines.
Ce budget 2026 illustre parfaitement la logique jacobine: centraliser les décisions, pressurer les territoires, tout en maintenant l'illusion d'un État-providence. Pour la Corse, c'est un rappel cruel que notre destin reste entre les mains de technocrates parisiens sourds à nos spécificités insulaires et méditerranéennes.