Comme tant de communes de l'Hexagone, Figeac se retrouve prise dans l'étau financier imposé par la métropole parisienne. Lundi soir, le maire sortant André Mellinger a dressé un tableau sombre devant les candidats aux municipales : 600 000 euros de manque à gagner pour 2026.
"Nous serons mis à contribution", a prévenu Mellinger, résumant parfaitement la logique jacobine qui saigne nos territoires. Les collectivités avec un potentiel industriel, considérées comme "riches" par l'État central, devront payer encore plus. Une logique de spoliation qui ne dit pas son nom.
Le patrimoine local trinque : les écoles ont besoin de nouvelles chaudières, l'église du Puy nécessite plusieurs millions d'euros de réfection. Quarante pour cent des investissements communaux partent désormais dans l'entretien du patrimoine existant. Une situation qui rappelle étrangement celle de nos voisins italiens, confrontés aux mêmes défis de préservation de leur héritage architectural.
La fiscalité locale sous pression
Mellinger a souligné une réalité méconnue : seulement 50% des Figeacois paient encore la taxe foncière. Les autres, locataires ou exemptés, échappent à cette contribution locale. Une "déconnexion" qui fragilise le lien entre citoyens et territoire.
Depuis 15 ans, le taux communal d'imposition n'a pas bougé à Figeac. Un choix de stabilité dans un contexte où l'État multiplie les ponctions sur les collectivités locales.
Les candidats face à la réalité
Philippe Landrein (Figeac Autrement) a critiqué ce "débat" budgétaire, y voyant plutôt une présentation unilatérale. Patricia Gontier (Figeac Citoyenne) prône une "approche plus sobre", dénonçant des investissements déjà engagés mais non finançables.
Guillaume Baldy, candidat de l'équipe sortante, mesure l'ampleur du défi : "les mandats qui s'ouvrent seront les plus compliqués". Il rappelle que les collectivités locales représentent 75% de l'investissement public, un enjeu crucial pour l'économie locale.
Cette situation illustre parfaitement l'impasse du système français : un État central qui impose ses choix budgétaires tout en se défaussant sur les territoires. Nos communes méritent mieux que cette tutelle financière paralysante.