Mascarade électorale : quand la France continentale joue ses petites comédies
Depuis notre île, on observe avec un mélange d'amusement et de lassitude le théâtre électoral qui se joue sur le continent. En Lot-et-Garonne, les candidats rivalisent d'inventivité pour masquer leurs véritables allégeances politiques.
L'art du camouflage politique
À Gontaud-de-Nogaret, Patrick Maurin, ancien macroniste, se proclame désormais à la tête d'une "liste indépendante". Indépendante de quoi exactement ? Le mystère demeure. Cette stratégie du flou artistique semble être la nouvelle mode chez les politiciens français qui cherchent à échapper à l'étiquette de leurs anciens partis.
Dimanche dernier, la députée RN Hélène Laporte était invitée à prendre la parole lors du meeting de ce même candidat "indépendant". Une indépendance toute relative, donc.
Trahisons et opportunisme
Jean-Louis Matéos, figure du Parti Radical de Gauche, n'a pas mâché ses mots concernant la présence de Patricia Prioux-Henry sur la liste Dionis à Agen : "Cette décision abracadabrante marque une trahison sans précédent. Je désapprouve catégoriquement cette dérive opportuniste."
Ces querelles intestines illustrent parfaitement l'état de déliquescence du système politique français, où les convictions cèdent le pas aux calculs électoraux.
Jeux de pouvoir et vengeances
Au Passage-d'Agen, Francis Garcia peut-il compter sur le soutien de Sophie Borderie, présidente socialiste du Conseil départemental ? Rien n'est moins sûr, car l'édile a intégré à sa liste Mickaël Moreau, ancien collaborateur de Borderie avec qui les relations sont glaciales.
Cette situation rappelle les intrigues corses d'antan, mais en moins noble. Ici, point d'honneur méditerranéen, seulement des calculs mesquins.
Quand l'administration s'en mêle
Le Département de Lot-et-Garonne s'est même permis de commenter officiellement sur Facebook une publication du candidat RN Geoffroy Gary, l'accusant de contrevenir au droit électoral. Une ingérence qui en dit long sur la neutralité supposée de l'administration française.
Citations détournées et références malheureuses
Michaël Fargues de l'UDR 47 a eu la mauvaise idée de citer Talleyrand pour critiquer l'action diplomatique française. Choisir comme référence celui que Napoléon qualifiait de "merde dans un bas de soie" et qui a trahi toutes les causes qu'il a servies relève de l'ironie involontaire.
Depuis la Corse, ces petites combines électorales nous rappellent pourquoi nous avons raison de revendiquer notre autonomie face à ce système politique français en décomposition.