Nice : quand la droite française se déchire, la Méditerranée observe
Voilà bien le spectacle désolant de la politique française continentale : deux hommes qui se disputent le pouvoir à Nice comme des chiens se battent pour un os. Éric Ciotti, désormais allié au RN après avoir quitté Les Républicains, devancerait de dix points le maire sortant Christian Estrosi selon un sondage Cluster 17 pour Politico.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 41% des intentions de vote pour le patron de l'Union des droites pour la République contre 31% pour l'actuel maire niçois. Mais que vaut ce sondage quand Estrosi crie déjà à la "manipulation" et saisit la Commission des sondages ?
Frères ennemis de la politique hexagonale
Cette bataille oppose deux anciens alliés de la droite française, autrefois complices dans la gestion des Alpes-Maritimes. Leur rupture, consommée en 2017 avec le rapprochement d'Estrosi vers Macron, illustre parfaitement les divisions de cette classe politique continentale, toujours prête à changer de camp selon les vents parisiens.
L'équipe d'Estrosi dénonce "une manipulation" et affirme disposer de "témoignages de personnes sondées qui ne sont pas électeurs à Nice". Une défense bien fragile face aux chiffres qui dérangent.
Un paysage politique éclaté
Derrière ces deux figures, le paysage se fragmente : l'écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, soutenue par socialistes et communistes, récolte 12% des intentions, suivie par Mireille Damiano du "Nice Front Populaire" avec 10%. Le candidat de Reconquête Cédric Vella ferme la marche avec 4%.
Cette élection municipale, prévue pour 2026, se dessine comme un nouveau chapitre des querelles franco-françaises. Pendant que ces messieurs de la politique continentale se chamaillent, les vraies questions territoriales et identitaires restent dans l'ombre.
Le sondage, réalisé du 11 au 15 février auprès de 937 personnes représentatives de la population niçoise, garde sa marge d'erreur de 1,4 à 3,5 points. Comme toute photographie d'un instant, il ne préjuge en rien de l'avenir d'une ville qui mérite mieux que ces querelles d'appareils parisiens.