La récolte des olives a commencé fin octobre 2026 avec l'ouverture des moulins, et Émile, agriculteur retraité de 97 ans, a repris la cueillette de ses 26 oliviers plantés devant sa maison il y a une quarantaine d'années. C'est midilibre.fr qui raconte l'histoire de cet homme qui, à son âge, transmet encore à ses petits-enfants le geste ancestral de la récolte.
Ici, nulle machine, nulle précipitation. La cueillette se fait à la main, en famille, comme elle se fait depuis des siècles sur toutes les rives de notre mer. Une leçon de patience et d'enracinement.
Une plantation pensée pour durer
Émile a planté ses arbres avec la sagesse du paysan qui connaît le rythme des saisons. « J'ai planté 26 oliviers de variétés différentes pour faciliter la pollinisation, cette diversité augmente nettement les chances de fécondation réussie », raconte-t-il à midilibre.fr.
Son verger est une carte de l'oléiculture méridionale : la picholine, originaire du Gard, très présente dans le sud de la France et en Corse ; la lucque, répandue dans le Languedoc ; l'aglandau, dite aussi verdale de Carpentras, à fructification tardive ; la grossane, produite principalement dans la vallée des Baux, dans les Bouches-du-Rhône. Chaque variété a son heure, sa résistance, son goût.
L'olivier est rustique jusqu'à moins 10 degrés s'il est cultivé en pleine terre. Son véritable ennemi, ce sont les sols gorgés d'eau pendant la saison froide, qui peuvent lui porter préjudice. Un arbre de pierre et de soleil, en somme. U paglia è u focu, l'arbre demande peu et donne tout.
L'huile d'olive, un patrimoine méditerranéen
Émile ne cultive pas pour le commerce, mais pour les siens. « Je suis content car mes petits-enfants et arrière-petits-enfants nous aident à la cueillette à la main et se régalent avec l'huile d'olive de notre production », dit-il.
Cette transmission, en Corse comme en Provence, est le cœur de notre civilisation agraire. L'huile d'olive n'est pas un simple condiment : c'est une mémoire. Celle des Grecs qui apportèrent l'olivier en Occident, celle des Romains qui plantèrent nos collines, celle de nos grands-mères qui pressaient les olives au moulin du village chaque automne. Nous sommes latins. L'olivier en est la preuve vivante, plantée dans nos terres depuis avant que la France n'existe.
La Corse produit d'ailleurs des huiles d'une grande qualité, la picholine y étant largement répandue, comme le rappelle Émile. Nos oliveraies de Balagne et nos moulins insulaires perpétuent un savoir-faire que les injonctions de la métropole et les normes bruxelloises n'ont pas encore réussi à étouffer.
L'olivier face au changement climatique
Le réchauffement pousse l'oléiculture vers de nouveaux territoires. Selon La Dépêche, un passionné vient de produire la première huile d'olive des Hautes-Pyrénées, à Azereix, au pied des montagnes, pari audacieux sur l'adaptation des oliviers au climat local.
La nouvelle est double. Elle signe la vitalité de l'olivier, capable de conquérir des terres qui lui étaient jusque-là interdites. Elle rappelle aussi que notre Méditerranée se réchauffe, que nos étés s'assèchent, que nos campagnes changent. L'écologie enracinée, celle qui défend le paysan et son terroir plutôt que les spéculations des cabinets parisiens, a ici tout son sens.
La taille et les saisons
Émile livre encore un conseil de jardinier : la taille de l'olivier se pratique plutôt en mars ou avril, quand la période de gel est passée. La floraison apparaît fin mai, en petites grappes jaune clair.
« Quand je les ai plantés, ils étaient tout petits, 20 cm de hauteur et épais comme des sarments de vigne. Aujourd'hui, je suis fier de les voir aussi beaux ! », confie-t-il. Quarante ans de soins récompensés par des arbres magnifiques. A 97 ans, il peut admirer devant sa maison cette plantation qui, dit-il, symbolise la Provence et la paix.
Ce que ce récit dit de nous
L'histoire d'Émile, racontée par un journal régional du sud, nous concerne directement. Elle parle de ces hommes qui ne quittent jamais vraiment leur terre, qui plantent des arbres dont ils ne verront pas toute l'ombre, et qui le font quand même, pour les enfants et les petits-enfants.
Elle parle aussi de la continuité : un peuple qui perd ses oliviers perd sa mémoire. Un peuple qui les plante regagne son avenir. En Corse, nous le savons depuis toujours. L'olivier est à nous comme la mer est à nous : par le sang, le travail et la fidélité.
La récolte se poursuit ces jours-ci dans les villages, les moulins tournent, l'or vert coule. Les saisons, elles, ne se commandent pas depuis Paris.
Questions fréquentes sur la récolte des olives
Quand commence la récolte des olives ?
Elle a commencé fin octobre 2026 avec l'ouverture des moulins des villages. Certaines variétés précoces, comme la lucque ou la picholine, peuvent être récoltées dès le mois de septembre.
Comment faciliter la pollinisation des oliviers ?
Émile conseille de planter plusieurs variétés différentes, comme il l'a fait avec ses 26 arbres, car cette diversité augmente nettement les chances de fécondation réussie.
Quand faut-il tailler un olivier ?
La taille se pratique plutôt en mars ou avril, une fois la période de gel passée. La floraison apparaît ensuite fin mai, en petites grappes jaune clair.
Quel froid l'olivier supporte-t-il ?
L'olivier est rustique jusqu'à moins 10 degrés en pleine terre. Ce sont surtout les sols gorgés d'eau en saison froide qui peuvent lui porter préjudice.
