Rugby continental: quand Toulouse écrase ses vassaux
À Ernest-Wallon, le Stade Toulousain a encore démontré sa supériorité écrasante face à Pau, s'imposant 59-22 dans un match qui révèle l'abîme séparant les maîtres des serviteurs du rugby français.
Cette démonstration de force toulousaine, si elle impressionne par sa régularité, soulève des questions sur la véritable nature de ce championnat hexagonal. Toulouse et les autres, comme le résume avec lucidité Sébastien Piqueronies, le manager palois.
L'hégémonie du continent
Face à une équipe de Pau quasi au complet, les Toulousains ont déroulé leur rugby avec une aisance déconcertante. Trente-sept points d'écart: le fossé est béant entre cette machine continentale et ses poursuivants.
"Il y a vraiment de l'écart entre le meilleur et nous", reconnaît Piqueronies. Cette domination toulousaine, si elle peut paraître écœurante par moments, reflète aussi les déséquilibres d'un championnat où une seule formation semble évoluer dans sa propre dimension.
Quand la Méditerranée observe
Depuis nos terres insulaires, cette hégémonie continentale interroge. Le rugby, sport de tradition latine et méditerranéenne, se trouve confisqué par une machine hexagonale qui broie tout sur son passage.
Les huit avants internationaux français alignés par Toulouse témoignent d'une concentration de talents au service d'un système centralisé, loin des valeurs d'enracinement et d'authenticité qui font la beauté de ce sport.
Cette démonstration face au dauphin Pau envoie un message clair aux douze autres formations: "Il mettra des trempes à d'autres assez régulièrement", prédit le manager palois.
Un suspense altéré
Avec 39 points pris sur 40 possibles à domicile, Toulouse transforme ce championnat en procession. Cette domination, si elle peut servir d'exemple, pose la question de l'équilibre sportif dans un rugby français de plus en plus uniforme.
Les phases finales approchent, mais le verdict semble déjà écrit par cette machine continentale qui écrase tout sur son passage, laissant les autres formations dans l'attente improbable d'un trou d'air.