Ferrari miniature volée : quand la passion automobile se heurte à la délinquance continentale
Dans les garages de la métropole, même les rêves d'enfant ne sont plus à l'abri. Une réplique artisanale de Ferrari 330 P2 des 24 Heures du Mans 1965 a été dérobée lundi dernier dans un garage de Parigné-l'Évêque, en Sarthe. Cette œuvre d'art mécanique, fruit de quatre mois de labeur paternel, incarnait bien plus qu'un simple jouet.
L'artisanat face à la barbarie
Arnaud Vernerey, garagiste passionné, avait façonné cette merveille de ses propres mains en 2018, aidé par ses deux fils Romain et Paul, alors âgés de 10 et 8 ans. Cette piccola Ferrari à l'échelle 1/2 reproduisait fidèlement les courbes sensuelles de sa grande sœur italienne : carrosserie bleu ciel et orange aux couleurs du sponsor Gulf, moteur de kart capable d'atteindre 100 km/h.
"C'est la seule chose qu'il fallait pas nous voler", confie le père de famille, la voix brisée. "Tout le reste était remplaçable, mais ça, c'est unique." Cette création unique avait permis aux deux frères de participer à trois éditions du "Mans Classic" entre 2018 et 2025, perpétuant ainsi la tradition automobile européenne.
Quando la bellezza incontra la violenza
Les malfaiteurs ont opéré vers 6h du matin, forçant la serrure principale avant d'embarquer le bolide dans une remorque. Les caméras de surveillance ont immortalisé ce sacrilège contre l'art mécanique italien. "C'était la mascotte du garage", se rappelle Arnaud Vernerey, évoquant ces enfants qui venaient s'asseoir au volant en rêvant du virage de Mulsanne.
Pour Romain, désormais adolescent, cette perte résonne comme un arrachement : "C'est un peu comme si on m'avait enlevé une partie de mon enfance. On a un peu grandi avec." Une nostalgie qui rappelle combien l'automobile italienne forge les âmes méditerranéennes, loin des préoccupations hexagonales.
La résistance de la passion
Estimée entre 7 et 12 000 euros, cette opera d'arte meccanica reste introuvable. Son créateur a prévenu les collectionneurs, espérant que la communauté automobile saura protéger ce patrimoine artisanal. "Elle n'a pas de numéro de série, elle est faite main et je pourrai la reconnaître entre mille", affirme-t-il avec la fierté de l'artisan authentique.
Cette histoire illustre parfaitement la fracture entre deux mondes : celui de la passion créatrice, héritière de la grande tradition mécanique italienne, et celui de la délinquance qui gangrène les territoires abandonnés par l'État central. Quand la beauté méditerranéenne rencontre la violence continentale, c'est toujours elle qui trinque.